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27/04/2011

Précarité et culpabilité

Sur de précédentes note évoquant le problème des lauréats de concours de la Fonction Publique Territoriale (FPT) à trouver des postes, j'ai souvent parlé des recrutements de contractuels parfois à la limite de la légalité.

Recrutement que les collectivités se permettent du fait justement que les contrôles de légalité (à charge des Préfectures) auxquels elles peuvent être soumises sont exceptionnels. D'autant plus exceptionnels que les Préf manquent aussi de personnels, et d'autant plus exceptionnels que selon la formule consacrée, il y a la loi et l'interprétation de la loi...

Il est donc assez rare qu'une de leur décision en ce domaine d'application soit retoquée. Si bien qu'elles prennent l'habitude de flirter régulièrement avec la légalité, se disant que tant qu'elles ne sont pas prises le doigt dans le pot de Nut, elles peuvent continuer à se régaler, considérant presque comme insignifiants ces actes pourtant parfois à la frontière de l'illégalité.

La semaine dernière, dans la revue, "La lettre du cadre territorial", bien connue des collectivités, on peut y lire un article de Jean-Christophe POIROT qui établit une sorte de recueil sous forme d'abécédaire, des "petits arrangements" réputés "très limite" voire illégaux et pourtant monnaie courante.

Je vous laisse ici l'adresse pour ceux intéressés par le document complet en format PDF, et pour l'article en format classique.

Et pour ceux qui préfèrent aller droit au but, voici l'extrait concernant justement la lettre -C- comme CDI, qui évoque ce que l'on dénonce, (pour rappel, voir aussi le com' de Carine sur ce billet) à savoir que des contractuels occupent bien des postes pérennes en lieu et place des lauréats puisque les CT prennent des libertés pour transformer les CDD en CDI, et même beaucoup plus rapidement que la législation ne le permet. Et que donc en toute logique, personne ne se permettrait de transformer en CDI un emploi qui n'était que temporaire. Ce serait très vilain. CQFD.

J'aime beaucoup la dernière phrase sur la culpabilité et la précarité... ;) Parce que manifestement, le fait que des lauréats se retrouvent reçus-collés, dont certains sans emploi annexe, ça ne semble pas bouleverser grand monde.

Heureusement qu'un autre cadre, du département du Rhône ou du Grand Lyon (ma mémoire me fait défaut) disait lui que justement les recrutements doivent privilégier les lauréats pour éviter d'un côté la précarité des contractuels, et de l'autre le phénomène des reçus-collés. Ouf !

 

c comme cdi.JPG

04/03/2011

Vivre pour travailler ou travailler pour vivre ?

J'avais prévu une note sur la notion de CDD, dans sa forme, son concept. Et des commentaires, notamment de Philippe "de toute façon 3 semaines de contrat cela frôle le ridicule..." sur cette note m'en ont fait anticiper la finalisation et publication. Comment ça je suis une fille soumise ?!!! ;) Je suis à la disposition l'écoute des lecteurs, na !

Donc en effet, on a en France cette notion de CDD/CDI.

Je ne fais pas une obsession du CDI à tout prix, quelles qu'en soient les conditions, l'enjeu etc... Mais la société est ainsi faite, que sans au moins un CDI dans un foyer, il est difficile voire impossible de faire des projets, et encore plus de les voir aboutir. L'exemple le plus classique et courant étant l'investissement immobilier. Et comme en plus je suis un foyer à moi toute seule...

*Note à moi-même : chercher un mec friqué plutôt qu'un boulot*

Et d'ailleurs actuellement, comptons pas nous en sortir avec un simple CDI au SMIC. Pure utopie. Au mieux on, survit avec le SMIC. Et j'en profite d'ailleurs pour une piqûre de rappel : le -M- signifie minimum, et pas maximum, donc à vot' bon coeur comme on dit !

Bref, ce Saint-Graal là n'est pas à la portée de tout le monde.

Donc le monde en question se contente de vivoter ou survivre de CDD qui eux peuvent prendre plusieurs formes. De l'intérim ou les salaires sont parfois plus élevés mais les situations toujours instables, aux CDD précaires à temps souvent partiels (CUI-CAE) en passant par le CDD classique, toute une diversité qui pour le coup est loin de faire notre richesse. Puisque plutôt une preuve que notre pays est loin de maîtriser son volet "emploi".

Alors il y a les CDD pour accroissement temporaire d'activité. Ceux pour des absences imprévues (maladie), ou prévues (maternité, congé formation), ou encore pour des opérations ponctuelles (souvent dans le commerce).

Et puis il y a les départs à la retraite qu'on ne veut pas remplacer. Puis au final, le report de la charge de travail sur les collègues n'est plus efficient, et faut se rendre à l'évidence et remplacer, souvent sous la pression syndicale. Mais le plus tard possible, quand tout le monde sera à bout, et temporaire bien sûr cette mesure. C'est le leitmotiv.

Donc à y regarder de bien près, c'est aussi une chance un tel "encadrement législatif". Même si depuis quelques temps, le Gouvernement s'emploie lui très fortement à prendre ses aises avec le droit du travail ce qui génère des retours en arrière peu avenants.

Lorsque l'on est demandeur d'emploi, dans une situation économique et sociale ou le monde du travail est devenu un giga complexe de souffrances (je généralise pas hein, mais je constate que rares quand même sont les endroits ou tout le personnel est épanoui version Bisounours), et que l'on sait que la société, le marché de l'emploi ne se donnent pas les moyens de pouvoir proposer de CDI à tous les individus, on se fait une raison.

Et le CDD est pour nous un moyen de subsistance comme un autre. Un CDD de 3 semaines peut sembler court, ridicule et pathétique. Mais de l'expérience des mes CDD justement, je me dis que heureusement que certaines durées sont courtes, moins de 3 mois je vais dire. Parce que autant il y a des emplois, des environnements de travail sur lesquels on se verrait bien faire une longue route. Autant il est est d'autres pour lesquels il est temps que ça se termine.

Parce que au moins, avec un CDD court, si on tombe sur un job finalement peu en adéquation avec nos attentes, notre profil, ou sur des collègues infectes, une hiérarchie qui l'est tout autant, on peut se casser y mettre un terme rapidement à échéance du CDD avant son éventuel renouvellement.

Parce que si on signe un CDD de 6 mois, par exemple, ben on ne peut pas s'en aller. Sauf cas exceptionnels.

Ou alors on démissionne ce qui signifie donc perdre de potentiels droits.

Donc pour répondre en parallèle au commentaire de Béatrice, libre à chacun d'accepter n'importe quel emploi au motif que les employeurs utilisent la crise ou le taux de chômage comme moyen de pression, de chantage, ou arme de répression massive.

Parce que oui, j'estime que le contexte médiocre de la situation actuelle de l'emploi n'est pas pour autant le signe que nous devons tout accepter.

Et tant que la situation sera ce qu'elle est, je préfère 100 fois des CDD d'un mois à des contrats plus longs, mais qui risquent de devenir étouffants.

La question étant de savoir si on a encore le choix entre "vivre pour travailler" et "travailler pour vivre"...

 

18/02/2011

[CPAM II] Premières impressions sans surprises & fin

J'avais donc été affectée dans un service qui a énormément de retard dans le traitement des dossiers. Ca se compte en mois. M'enfin, logique, c'est aussi pour ça qu'ils en appellent à des équipes de renfort. Sauf que là, nous n'étions pas dans la configuration d'un accroissement temporaire d'activité, mais d'une suite logique du non-remplacement de personnels. Une logique politico-économique donc.

Dans une institution qui donne pour consignes à tous ses services de planquer les piles, que dis-je les m3 de dossiers en retard dans des placards. Ne sortir au fur et à mesure que le strict minimum à traiter. La misère fut-elle administrative, faut la cacher.

Dans une institution peuplée de bureaux non occupés, signes des départs non remplacés.

Dans un service qui réclame du personnel depuis des mois, contre une direction qui savait depuis déjà près de 10 jours qu'un agent allait arriver, mais qui n'avait toujours pas, au soir de mon 1er jour, le lundi, fait équiper "mon" bureau (pas nettoyé) en ordinateur...

Mais surtout un service dans lequel je suis supposée être "formée sur le tas", coatchée par un autre agent.. lequel n'est là que 2 jours par semaine (et encore ça c'est sur le papier). Parce que en plus entre heures supp et congés non pris, elle va s'absenter environ 2 mois ½ sur les 3 à venir. Et pire si on se projette sur 6 mois. Sur les 3 semaines de mon contrat, elle aurait été présente 4 ou 5 jours...

Recrutée comme agent d'exécution donc. Ce qui n'est pas un problème en soi, mais qui en devient un quand l'exécutant n'a pour ainsi dire pas d'exécutif pour donner consignes et explications. Ou un exécutif bancal.

Tiens ça me rappelle vaguement quelque chose... un exécutif bancal, des institutions aux exécutifs dépassés, et au stress communicatif et contagieux...! Magistrats, enseignement, policiers...

Pour donner un exemple de comparaison, essayez donc de réaliser une recette de cuisine, sans que l'on vous en donne l'intitulé, le descriptif, avec plus d'ingrédients que nécessaire, et en plus grand quantité que celle requise ou moindre, et sans aucune directive...

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