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24/11/2011

La fonction publique et ses offres

Un petit billet qui, je l'annonce en préambule encore une fois avant qu'on vienne me dire que "rien compris" lol, vise plutôt un lectorat aguerri, les lauréats et/ou candidats aux concours. Bref, ceusses qui causent le langage FP.

Donc, mon mini cheval de bataille (un poney de bataille ?!!) : le recrutement dans la FPT, et le problème des reçus-collés.

J'avais donc évoqué sur quelques billets quelques une des raisons pouvant expliquer que des lauréats de concours puissent avoir des difficultés à trouver un poste. Parmi elles le fait que des collectivités parfois (pas toutes hein), profilent leurs offres de telle façon que la grande majorité des lauréats ne s'y retrouve pas du tout. N'a pas les qualifications requises pour postuler. Une façon comme une autre de faire un tri sélectif des candidats potentiels.

Il en ressort donc que souvent l'offre s'adresse en fait de façon à peine voilée à des fonctionnaires ou contractuels. Donc déjà en poste. Donc la collectivité va jouer le côté "interne" ou faussement interne du recrutement (voire la mutation ou le détachement).

Avant de présenter un exemple concret d'offre que je qualifie de limite-réglementaire, j'ajoute que la fonction publique organise des concours par catégories, C, B, A et recrute de la même façon en classifiant ses postes selon une certaine forme de hiérarchie (du travail d'exécution au poste d'encadrement pour faire court) et par rapport au niveau requis pour exécuter le travail.

Sachant que la catégorie C représente les adjoints (administratifs, techniques…) et que le diplôme requis pour se présenter aux concours sera le BEP/CAP. Par voie de conséquence, les postes disponibles en catégorie C s'adressent donc à tous, mais aussi et surtout aux lauréats peu diplômés, s'agissant de la seule catégorie qui leur est accessible en externe.

Ainsi, chacun ses chances, croit-on naïvement. Sur le papier. Puisque les statistiques montrent une grande part de diplômés BAC+3 et au delà parmi les lauréats de catégorie C. Et les collectivités ont bien conscience qu'elles peuvent avoir une main d'oeuvre "d'exception" pour une poignée d'euros.

Si bien que l'on trouve parfois des offres pour le moins très "précises" pour ne pas dire exigeantes, dans leur profil.

Morceaux choisis de l'une d'elles :

offre fpt1.JPG

A la voir comme ça, on pourrait supposer au moins un recrutement de rédacteur (catégorie B), voire un recrutement d'attaché (catégorie A). Et bien que nenni. Un vrai petit "adjoint" qu'ils recrutent (rien de péjoratif dans le terme de petit).

offre fpt.JPG

Adjoint qui, ironie de l'histoire, devra notamment s'acquitter de la mission suivante :

offre fpt2.JPG

Ah, et puis j'oubliais concernant cette offre, la cerise sur le gâteau. Le recruteur. L'employeur ne sera rien de moins que celui supposé gérer ce qui concerne les territoriaux, leurs formations, les concours, aider des collectivités dans leurs démarches quant aux recrutements etc... :

offre fpt3.JPG

Et dans la foulée, mais du coup c'est un détail mineur, ils réclament une lettre de motivation... manuscrite. On n'est plus à ça prêt.

Elle est pas belle la vie !

 

15/11/2011

Vers un abandon progressif des concours d'adjoint 1re classe ?

Petite note plutôt "destinée" aux initiés de la fonction publique, aux candidats aux concours. Ceci dit pour que les non-intéressés puissent en profiter pour terminer traquillou leur partie de solitaire ou leur tchat sur FesseBouc. Et aussi pour éviter les "j'ai rien compris". lol

Donc malgré son titre, mon billet ne se veut pas "alarmiste". C'est juste une interrogation soulevée par quelques indices.

Déjà il faut bien constater que la "création" de la catégorie des adjoints de 2ème classe, donc recrutement sans concours, mais "sur dossier" (CV + lettre de motivation très motivante) a bouleversé la donne.

D'une part, les collectivités territoriales (CT), grâce à cette opportunité, peuvent recruter de la main d'œuvre à bon marché, puisque libres de recruter des agents de tous horizons professionnels et aux profils, au cursus scolaire intéressants (expérience, diplômes...), tout çà pour le SMIC, traitement de base de ce type de poste de catégorie C.

De plus, l'organisation de concours est coûteuse, demande la mobilisation de nombre de moyens en personnels, la location de salles etc… et la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques), ajoutée à tous ces plans de rigueur qui se succèdent (et qui eux ont du mal à ne pas se faire alarmistes) n'augurent rien de bon.

Sans compter une moyenne de 20 % de reçus-collés, soit environ 1 lauréat sur 5 ou 6 qui aura passé avec succès les épreuves… pour rien. Et ça pour le coup c'est de l'argent jeté par les fenêtres au même titre que des chaises inoccupées lors des épreuves, avec en bonus, un préjudice moral pour le lauréat.

Tout ceci fait tâche dans le beau portrait des collectivités, les chouchoutes de l'opinion publique.

Bref, un concours d'adjoint administratif est organisé pour 2012. Mais par très peu de Centre de Gestion (CDG) donc touchant très peu de départements. Et surtout avec un nombre de postes véritablement très à la baisse. Pour un nombre de candidats à l'aventure qui ne l'est pas lui en régression, crise oblige.

En cherchant quels CDG allaient se porter organisateurs, je suis tombée sur celui de l'Isère (38 pour ceux qui veulent réviser leurs départements), qui lui n'est pas organisateur.

Et il donne une explication pour le moins très éloquente pour motiver la non-organisation du concours au dela même de ses frontières, donc dans tout Rhône-Alpes.

Voici une capture d'écran réalisée sur leur site.

concours adj isere.JPG

Tout est dit.

Ca craint parce que le principe même d'égalité dans les recrutements de la fonction publique est là clairement remis en question. Ce principe d'égalité veut que le concours soit la voie d'accès prioritaire à la fonction publique, justement pour éviter limiter les embauches dites de complaisance.

Le recrutement direct ne remet-il pas lui aussi en cause ce principe d'équité...

18/10/2011

Fonction publique et gratuité des concours

J'avais déjà évoqué le problème des "frais d'inscription" aux concours de la fonction publique, notamment ceux de la territoriale.

L'accès à la fonction publique se fait donc par concours, justement par souci d'équité. Pour limiter les recrutements de complaisance au profit de recrutements basés sur les compétences et connaissances.

Quand on connaît un peu la territoriale, on sait que le principe est souvent bafoué.

Cet accès équitable se veut aussi et évidemment gratuit.

Sauf que petit à petit les Centres de Gestion (CDG) organisateurs de concours réclamaient aux candidats, timbres et enveloppes, au titre de "frais" de traitement des dossiers (pour acheminer convocations et résultats par exemple). Un peu comme les concours de l'Education Nationale qui en revanche fournit les enveloppes.

Des timbres et enveloppes, certains sont passés à la demande plus radicale, d'un chèque, à l'ordre du bien-aimé TP. Non, pas le très-mignon Tony Parker mais le moins mignon Trésor Public, voyons !

Chèques dont les montants vont de 6 à 12 € en moyenne selon les CDG d'après mes constatations. A croire qu'instruire un dossier d'une douzaine de pages n'a pas le même coût partout en France…

Bon, déjà y'a matière à polémiquer, parce que les candidats souvent s'inscrivent dans plusieurs Centres de Gestion pour pouvoir ensuite décider selon nombre d'inscrits et nombre de postes ouverts, où ils iront composer.

Et aussi parce que si au dernier moment un CDG venait à devoir décaler les épreuves, en principe organisées le même jour par tous les centres, cela permet alors de se présenter 2 fois. Voir 3 pourquoi pas. Et de multiplier ainsi nos probabilités de réussite. Un peu l'idée quand on cherche un taf.

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