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17/04/2012

Sous le pavé... pas de plage

Suite aux merveilleux commentaires de Nathdip sur un précédent billet, je viens ici non pas me justifier mais (ré)expliquer mon parcours. Une piqûre de rappel ne nuit pas. Version édulcorée je préviens. Volontairement je laisse des trous.

Je suis donc "diplômée" (bien pompeux pour un tel résultat) assistante de direction. Merveilleux rectangle de bristol qui m'autorise juste de prétendre en salaire à un peu plus qu'une secrétaire titulaire elle du bac ex G1 ou d'un BEP. Prétendre et c'est tout. L'employeur est souverain.

Prétendre plus, parce que nous pouvons en théorie être le bras droit des dirigeants et sous-dirigeants. Travailler donc au dernier étage là où tout est presque toujours tout-propre-tout-neuf, et non pas au rez-de-chaussée coincée entre l'entrée et l'ascenseur, là où c'est toujours plein de courant d'air. lol

Ca c'est pour la théorie servie dans les années 90 et encore maintenant j'imagine. Juste l'intitulé du sésame change. Et un peu aussi le contenu réadapté au siècle de maintenant.

Et donc toujours pour la théorie, on nous prépare à "assister", et ce dans les bases. Ensuite on est supposé pouvoir œuvrer partout. Alors dans le dans le privé oui bien sûr et aussi dans le service public.

Et qu'importe bien qu'on postule dans le milieu de la culture ou de la sécurité, dans la grande distribution ou les composants électroniques. On peut s'adapter.

Sauf que déjà, au début qui va faire confiance à un(e) jeune diplômé(e), l'encre à peine sèche sur le diplôme. Personne. Faut faire ses preuves et rares sont ceux qui vont commencer à bosser pile dans leur domaine à quelques rares exceptions près. Le débat est et sera toujours au menu.

Alors on prend le 1er taf qui nous tombe dessus. Pour moi mis à part des ménages et du soutien scolaire, ce fut de bosser dans la gestion locative comme "agent administratif" hyper polyvalent. Je n'y connaissais que dalle en gestion de logements. Je ne vivais même pas en HLM. J'ai eu du bol. Ou pas. Il s'agissait d'un contrat aidé. Déjà.

J'avais postulé dans pleins d'endroits publics et privés, grandes structures ou petites. Et j'ai opté non pas le 1er qui m'a contacté mais le second plus en adéquation avec mon inexistant profil.

Puis à l'approche de la fin inéluctable de mon CDD (et même pendant toute sa durée) j'ai continué à prospecter toujours public et privé. Re-ménages, re-soutien scolaire, re-inventaires, baby-sitting, sondages (vi, ceux qui t'embêtent par téléphone à 20 h pour te vendre du vin ou une alarme quand tu viens à peine de rentrer de 10 h de taf + transport + nounou).

Et là, c'est la DDASS qui me contacte. Je fonce même si c'est pour 1 mois. Lequel se transformera en 3 d'ailleurs. Là aussi, mes connaissances en environnement, gestion des déchets humains (sorry pour ceux qui grignottent en me lisant) et captages de sources frôlaient le zéro absolu. J'allais être entourée d'ingénieurs sanitaires. Rien que ça. Et le responsable du service m'avait à la bonne. Par contre le budget lui ne suivait pas pour me garder malgré ses tentatives. Celle que je remplaçais étant de retour, me voilà de sortie.


Je continue de postuler encore et toujours. Avant, pendant et après emploi. Partout ou presque. Sauf que partout pour certains c'est trop et pour d'autres pas encore assez.

Les mois, les années ayant passé, la demande des employeurs se fait de plus en plus précise. Moi et la compta on peut repasser, je n'ai que les bases. BTS assistante de direction oui, mais pas trilingue. L'informatique oui, mais en autodidacte. La sténo, c'est pas difficile, même en écrivant normalement j'écris plus vite…

Et voilà qu'un autre établissement à vocation de service public me contacte suite à candidature spontanée éloignée. Je rentre pour 1 mois à l'accueil et je vais faire environ 1 an entre accueil et direction en passant par 4 ou 5 services principaux de l'établissement dont le contentieux. Etablissement en pleine mutation. Effectifs divisés au moins par deux jusqu'à disparition. Ce qu'il en reste est à présent rattaché à un autre.

Puis fin de CDD etc… vous connaissez le refrain.

Alors suis-je coupable de n'avoir que bossé ou presque dans des infrastructures à la même finalité ?

Quand j'étais en CDD de 3, 4, 6 mois et que en parallèle j'étais contactée par d'autres structures et que je passais 48 h à ronger mon frein à savoir si le laissais tomber le taf du moment pour en prendre un autre parce que "peut-être que peut-être…" ("peut-être qu'ils te garderont", savez-vous combien de fois je l'ai entendu cette phrase ?!).

Personne ne pouvait décider à ma place. Personne pour lire dans le marc de café ou dans les tarots. Juste moi face à mon destin. Pile ou face, courte-paille ou am-stram-gram. Un tableau "avantages/inconvénients" griffoné vite-fait sur un vieux papier.

Fallait prendre des décisions et je n'ai pas toujours pris les bonnes. Sans nul doute. Mais qui ici parmi les milliers de personnes qui me lisent chaque mois peut juger du bien fondé de mes décisions d'alors.

C'est un fait que du coup me voilà avec une étiquette. Oui j'ai un passé. Comme un(e) comédien(ne) qui va débuter dans une sitcom ne deviendra probablement pas une Simone Signoret ou un Lino ventura. Moi l'intérimaire des "Etablissement publics" je cherche encore et toujours ma voie. Et alors, sous prétexte d'une pseudo-erreur d'aiguillage, je dois me faire hara-kiri pour ça ?

A ce compte là, on peut rayer Angelina Jolie de la carte, elle qui a osé Lara Croft et M & MS Smith. Ou Georges Clooney.

Au milieu de ce parcours chaotique se trouve en plus un poste qui va me coller à vie et pas qu'en bien. Le meilleur emploi que j'ai eu et le pire sans doute. Là aussi, accepté en toute connaissance de cause… et des dégâts futurs.

C'est à ce moment là que, bientôt sans emploi, je me suis lancée dans les concours de la FPT. Et n'en déplaise à mes détracteurs, ceux là même qui jugent ma vie sans en connaître un centième, ce choix était en parfaite cohérence avec mon parcours.

Puis la suite vous la connaissez. Lauréate, reçue-collée, tentative aux IRA, et là aussi, c'est cohérent. Pour ceux qui doutent, jetez un oeil sur le net aux profils des IRArques.

Sur ce point, et pour rebondir sur les com' de NathDip à propos des jury qui n'apprécieraient pas les candidats qui ne savent pas ce qu'ils veulent, voici par ordre d'apparition, les appréciations du jury d'adjoint,  

ADJ - Copie.jpg

de rédacteur,

jury rédac.jpg

et de l'IRA (pour lequel j'ai supprimé des mention "personnalisées")

Ira grille.JPG

Jurys informés de mon parcours et qui disposaient de mon CV.

A l'époque lors de mon oral au concours d'adjoint, j'avais bien expliqué au jury que ce concours pour moi serait une soupape. Que ma volonté n'était pas de "prendre" le poste d'un autre lauréat qui n'aurait que ce concours en poche et pas les qualifications pour prétendre à la catégorie supérieure. En chœur le jury m'avait alors dit "surtout ne changez rien, restez comme vous êtes". Alors si ça c'est être incomprise d'un jury hein, ben je connais plus d'un candidat qui ne demande que ça…

Mais trop bonne trop conne aussi.

Puis sont (re)venues les déceptions multiples suite à candidatures spontanées ou pas. Et les crises. Comment j'ai vu le nombre d'offres "disponibles" sur le site de PE se diviser par 2 en quelques semaines. Comment j'ai vu des dizaines de personnes perdre leur taf, et les conseillers PE passer de 60 à 100, 120 dossiers à instruire.

Et voilà aussi comment j'en suis arrivée à postuler aussi sur les offres d'adjoint 2ème classe toutes fonctions publiques confondues. Parce que ce sont des offres. Oui au même titre que hôte de caisse ou vendeur. Que soudeur ou plombier.  Que prothésiste ongulaire ou agent immobilier.

Il n'y a que mon corps que je n'ai pas encore proposé comme service. C'est la prochaine étape.

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