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11/02/2012

Réferendums à la pelle

Le Grand-Chef est intarissable sur le sujet de l'emploi en ce moment. Sans doute l'adrénaline de fin de mandat. Alors parmi les mesures annoncées en plusieurs épisodes lors de hold-up des médias il en est qui concerne la formation des chômeurs et leur devenir.

Alors je ne vais pas revenir sur le fait que ce n'est pas tant les "ressources humaines disponibles" qui ne voudraient pas suivre de formation le problème, mais plutôt les nombreux obstacles auxquels nous sommes confrontés.

Ce qui va de formations inadéquates eu égard au profil (et là je demande à revoir les Lejaby dans un an pour voir combien seront restées à travailler le cuir pour faire des valises à la place de la dentelle des soutiens-lolos) au refus systématiques et souvent motivés de façon plus qu'évasive (la motivation réelle étant que l'UNEDIC a choisi son camp entre cigale et fourmi).

Donc notre Grand-Chef-non-candidat-mais-qui-choisit-la-déco-de-son-QG-de-campagne-et-rameute-les-troupes-(allemandes)-autour-de-lui, souhaite que les ressources humaines disponibles depuis beaucoup trop longtemps (aussi nommé chômeur longue durée) soient prises en charge rapidement.

Rapidement, prestement, instamment. Qu'importe le vocabulaire du moment que les ressources humaines disponibles le soient moins. C'est à dire que pendant une formation dont l'utilité sera à démontrer plus tard ou idéalement jamais, elles ne soient plus sur les listes de disponibilité justement.

Et que les récalcitrants à ce mode opératoire aient pris connaissance de la direction de la porte. Ouverte.

Ainsi Pôle-Emploi avec ses non-moyens va devoir rencontrer urgemment tous ces braves gens (nommés aussi cancer de la société) pour leur faire des propositions d'action de formation. Soit environ 200 000 inscrits de longue durée (plus de 2 ans sans emploi) à convoquer dans les semaines à venir, et ce pour des entretiens suivis.

Nous euthanasier aurait été une solution mais hélas, le Chef a décidé que non, il n'y a pas lieu de poursuivre le débat sur la fin de vie.


Et pour cela, le Président offre en cadeau de Saint-Valentin sans doute, 1 000 contractuels au Pôle. Contractuels qui ne compenseront pas ceux, 1 500 environ, dont le contrat n'a pas été renouvelé ou les départs à la retraite, agents en formation, en RTT ou en arrêt de travail.

Et Seigneur, il va même jusqu'à envisager de proposer de soumettre au référendum le devenir des chômeurs, pardon, des chercheurs d'emploi au cas où les négociations habituelles n'aboutiraient pas n'iraient pas dans son sens. Pour un non-candidat en tous cas, il est plein de ressources. Inépuisable.

Sauf que faut quand même que les électeurs sachent une chose à propos du soi-disant refus des offres (raisonnables) d'emploi par les chercheurs.

Pour qu'on puisse se payer le luxe de refuser un emploi il faudrait déjà pouvoir réunir plusieurs critères dont un inéluctable :

  • Que Pôle-Emploi ait des offres -raisonnables ou pas d'ailleurs- a nous proposer. 
    Parce que si on refuse un emploi déniché par nous même, personne ne le saura et les cieux ne vont pas s'abattre sur notre joli minois. La radiation non plus.

Et si par chance (ou pas) une offre raisonnable, donc correspondant à nos critères de profil et prétentions venait à s'agiter sous notre nez, il faudrait encore :

  • Que notre CV soit retenu par le recruteur
  • Que l'on passe avec succès entretiens et éventuels tests

Et si nous franchissons victorieusement la sélection :

  • Que l'on soit donc le candidat choisi

A l'issu de quoi, si on refuse le poste pour lequel on vient de suer sang et eau en préparation intense à l'entretien, à ce moment là, il faudrait encore que l'employeur fasse remonter l'info jusqu'à Pôle, ce qui n'est pas acquis, et que chez Pôle, quelqu'un fasse le lien entre l'inscrit et l'offre. Ils  n'ont que ça à faire que de jouer les gendarmes, c'est bien connu.

Et j'imagine que là seulement on pourrait être sanctionnés.

Parce que faudrait être fous pour risquer la sanction en refusant de candidater sur une offre, fut-elle raisonnable quand on sait qu'il est aisé de foirer un entretien.

Les probabilités qu'on refuse le poste qu'on nous aurait proposé si on est allé sciemment et volontairement jusqu'au bout du parcours sans que l'on nous ait collé un Famas© sur la tempe sont infinitésimales.

Alors organiser un référendum -de surcroît quand on sait ce que coûte une élection- pour ça, pour quoi, disons 1 ridicule petit pourcent de chercheurs d'emploi qui entreraient dans cette catégorie, c'est pas -et ça n'engage que moi- de toute première utilité.

J'attends maintenant avec une impatience non cachée le jour où le fameux et fabuleux modèle allemand, un modèle de vertu pour le travail, va nous être imposé. Les jobs à 1 € de l'heure, ça donne envie. Chiche qu'on met l'idée au référendum aussi.

On ne devrait pas tarder de le vérifier vu le fabuleux numéro de duettistes que les Chefs d'Etat nous ont imposé proposé il y a quelques jours au JT de France 2. Une sorte de Saint-Valentin avant l'heure. On s'aime plus qu'hier et moins que demain...

D'ailleurs s'il est si fabuleux que ça le modèle germanique, faudra peut-être nous expliquer alors pourquoi 85 % des allemands font leur courses dans des supermarchés low-cost type Leader-Price ou ED.

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