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18/01/2012

Ressource Humaine Disponible

Alors cher lecteur, tu crois que j’ai abandonné mon blogounet ?
En effet, des raisons de douter. Même moi je doute ; c'est légitime. Entre les moments ou je me dis que je blablate pour rien et ceux ou je me dis que finalement, mes mauvaises expériences peuvent si ce n'est aider d'autres naufragés (je m'aperçois que ça pourrait paraître de mauvais goût comme expression en moment), au moins les rassurer (ou pas !) sur le fait que nous ne sommes pas seuls dans la tourmente de l'emploi, mon cœur balance.

Et nan, je n'ai pas non plus abandonné le volet « recherche d’emploi », ça va de soi.

Mais la mer est calme. Soporiphiquement calme. En même temps, ça tombe bien, au moins pas d'excuses pour ne pas avaler 377 pages de droit civil. Rien que ça.

Enfin pas si calme que ça. A bien y regarder c'est un leurre. Parce que l'on sait que la chasse aux demandeurs d'emploi est ouverte.

D'ailleurs, parenthèse. En ces temps difficiles, le Gouvernement donne dans la sémantique. Donc on préfèrera le terme de "travail partiel" à celui de "chômage partiel".

On ne dit plus demandeur d'emploi, c'est péjoratif. On préfèrera "chercheur d'emploi".

Et même encore plus fort, selon Jean-Louis Borloo (ce matin sur BFM-TV), je suis officiellement devenue une "ressource humaine disponible" (ben vais changer mon titre de blog moi).

Bref, on applique la théorie du verre moitié vide ou moitié plein.

M'enfin qu'on soit chercheur ou demandeur, la finalité est la même. Plus on se rapproche de l'échéance électorale, et plus vite il faut vider les listes.
Surtout de ceux qui font tâche dans le paysage, les chercheurs de longue durée, ou pas facilement réinsérables. Ceux qui sont passés aux yeux de l’opinion publique, merci Laurent Wauquiez, dans la catégorie, ou plutôt hors-catégorie « cancer de la société ».
Ce même L. Wauquiez qui en réponse au débat/polémique sur le quotient familial rétorque à destination de la gauche qu'il faut "arrêter de toujours s'en prendre aux classes moyennes et les plus en difficulté..." Euh…


Bref, en méchant cancer que je suis, faut donc m’exterminer me soigner. Pour ce faire, deux options. Nous envoyer casser des cailloux en Guyane. Ou recycler les bonnes vieilles méthodes que notre pays se trimballe depuis des années. Les fameux « contrats aidés ». Diversement baptisés au gré des Ministres qui se sont succédés, CES, TUC, SIVP ou encore Emploi-Jeune et maintenant CUI (nan, pas Cui-Cui le petit zoiseau, juste CUI). CUI-CAE en fait.

Alors je ne crache pas dans la soupe, scuse moi lecteur pour cette image poétique, parce que oui, ce type de contrat peut être un tremplin comme ce fut le cas pour Frangin, quand l'employeur "joue le jeu" dans le suivi et le co-financement d'une formation. Mais les exceptions sont rares. Justement pour ça qu'elles confirment les règles sans doute.

Ces contrats sont donc précaires. Mais Ô merveille, pendant qu’on est précaire dans un contrat, on n’est donc pas sur les listes de "ressources humaines disponibles". Et à 3 mois des élections, ami lecteur, crois le bien, mon Gouvernement préféré est prêt à tout pour passer le Kärcher© là aussi. Laver plus blanc que blanc, voilà sa devise du moment.

Alors depuis Noël, des dizaines d'offres de CAE viennent hanter Pôle-Emploi.

Avant que je poursuivre, souviens-toi que je suis hyper polyvalente, comme fille (professionnellement parlant, je te vois venir même si c'est une piste de reconversion à creuser mais je m'égare…) mais que à la base, mon domaine c’est assistante de direction. J’ai sué pour ce putain de diplôme inutile qui continue à être refourgué par l'EN et que mon CV décline en assistante administrative, secrétaire, assistante de communication et même quelques extensions qui te feraient tomber de ta chaise. Et que si t’as ton thé/café bouillant dans les mains je m’en voudrais.

Donc quand je reçois trouve d'un côté des offres pour emploi lié à la surveillance des élèves, surveillance étendue éventuellement aux devoirs ou à l'aide aux enfants souffrant d'un handicap, et de l'autre la même configuration mais plutôt au profil axé secrétariat, c'est vers celles-ci que je me tourne le plus souvent. D'autant que mon CV est déjà bien assez tortueux.

Sauf que je postule, et 5 minutes après, un SMS, un mail ou des signaux de fumée m'annoncent que "offre suspendue", suivie parfois même de "recrutement annulé".

Et des fois, rarement, je vais jusqu'à l'entretien. Si-Si. Hier par exemple, 9 h 30 dans le CDI d'un collège. Me voilà face à la documentaliste, l'intendante et la principale (et non, c'est pas un pensionnat de filles). Poste d'aide documentaliste.
Pour les emploi d'assistante de direction, on ne me convoque pas, mais pour les postes moins en rapport avec mon CV, on m'appelle… pour mieux me demander pourquoi j'ai postulé.

Sérieux, pourquoi on postule à votre avis ?

Amis recruteurs des institutions, vous croyez réellement que nous pouvons nous payer le luxe, à l'instar d'un ancien ministre ou collaborateur de cabinet, ou d'un cadre de multinationale, ou encore d'un joueur de foot, de postuler à tout-va juste pour faire monter les enchères (ou même d'attendre que les propositions tombent du ciel).

C'est la crise. Et on cherche du taf. On n'est pas sur Eb*y à prendre une option pour l'achat d'un Iph*ne là.

Des fois vraiment je me demande si les Ressources Humaines Disponibles et les recruteurs parlent la même langue.

Ah, au fait, j'oubliais, donc j'édite. C'est 3 h après l'entretien hier, qu'on m'a annoncé téléphoniquement que "malgré tout l'intérêt..." et que "ça ne remet pas en cause vos compétences" et aussi "merci de vous être déplacée".

Merci de m'avoir tenue informée surtout. C'est si rare... :)

Edit #2 => Je me suis relue, mais on le dirait pas vu le nombre de fautes laissées. Mea culpa. ;)

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