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15/12/2011

[Mini-Série Médicale] Epilogue (j'espère !)

Comme j'avais prévu une sorte de conclusion à cette série, elle servira aussi à la réponse aux commentaires.

Donc déjà, et je l'avais distillé au fil de quelques billets, Frangin va bien. Il a même reçu sa médaille pour ses 20 ans de pompier, activité parallèle à son emploi et qu'il a repris en même temps que son emploi, c'est dire. En tout il sera resté 9 mois en arrêt de travail puis a repris le taf en mi-temps thérapeutique durant 3 mois. Compte tenu de son boulot c'était nécessaire.

Il n'a pas souhaité prolonger le mi-temps en question. Il vit à nouveau dans son appart même si au début ce ne fut pas sans quelques appréhensions de sa part de la notre, et de ses potes aussi d'ailleurs. On l'a téléphoniquement harcelé quasiment toutes les heures pendant les 1er mois juste pour se rassurer. Et le rassurer.

La sécu lui a accordé tardivement le statut d'Affection Longue Durée (ALD) sans exonération du ticket modérateur.

Tardivement car il y a eu nombre de couacs aussi bien côté CPAM que du côté du médecin référent si bien qu'il a été informé du statut ALD il n'y a que quelques semaines.

Heureusement pour lui, il bénéficie d'une prise en charge de salaire par l'employeur durant les arrêts.

On ne sera jamais certains à 100 % du type de méningite, mais la rapidité avec laquelle le traitement fut efficace après qu'un diagnostic ait enfin été posé laisse supposer que les médecins des soins intensifs dont je salue à nouveau le travail, ont visé la bonne cible. Sachant que 80 % des maladies sont inconnues…

Nous ne remettons d'ailleurs pas en cause le travail des généralistes, mais juste le système qui fait que sous couvert d'économies on tarde à faire déclencher des examens. Plus d'un mois à 39° de fièvre avant de commencer à envisager autre chose qu'un efferalgan. Quand on connaît Frangin en plus…

Attendre qu'un patient soit à la limite du coma, après 5 mois de souffrances et de tests non probants pour commencer à réellement se poser des questions, c'est un non-sens. Devoir patienter 1 mois pour une IRM demandée au sein même des urgences aussi. Idem pour le scanner.

D'ailleurs faire sortir un patient qui a frôlé la mort un lundi pour lui demander de revenir le mardi pour un scan et le jeudi pour une hospi de jour, est-ce logique ?

Frangin a pris conscience qu'il a failli mourir. Nous sa famille, de même que les personnels médicaux ne lui ont rien caché. Et ne le cachons pas non plus, c'est une étape délicate dans la vie. Surtout quand on découvre après qu'une "simple" ponction lombaire aurait pu éviter tout ça.

Evidemment je conçois qu'on ne déclenche pas une PL pour 2 jours de fièvre. Mais là on parle de plus de 4 mois de "maladie". Si Frangin n'avait pas décidé au moment ou il se sentait faible de revenir vivre chez ma mère, aujourd'hui il ne serait plus de ce monde. C'est un fait que personne de conteste puisqu'il s'était "enfoncé" de façon fulgurante, en à peine une douzaine d'heures.

Je suis d'accord pour l'incivisme des usagers, d'ailleurs je l'évoque sur mes billets quand je dis qu'en salle d'attente des urgences on réalise que ceux qui gueule finalement sont "traités" parfois plus rapidement… Pour s'en "débarrasser" plus vite ? Pour avoir la tranquillité ?

Frangin étant pompier il connaît bien le système.

Cette fois il l'a juste vécu du dedans après l'avoir vécu de l'extérieur.

Et puisque j'évoquais la pénurie de médecins et spécialistes et le fait que la hausse du numerus clausus ne commencera à montrer des résultats que dans 10 ans, je termine cette note par un lien menant sur un article (le Progrès) sur une élue très sérieuse qui propose de faire soigner les ruraux des déserts médicaux par des vétos...

Non pas que je remette en question l'aptitude des vétos à exercer la médecine des humains (sic), mais cette façon de différencier les Français est abjecte, répugnante.

Mais tout va bien. Pas de médecine à deux vitesses, on nous l'assure.

En fait, nous, peuple français vivons sans le savoir un véritable conte de Noël. Gouvernés par Mickey immigré chez les Bisounours avec Mary Poppins pour baby-sitter.

Commentaires

Conclusion positive, et tres bien pour le frangin ;)
Quand au veto qui soigne le malade humain, en effet on frôle la science-rigolo-fiction...

Écrit par : philippe | 15/12/2011

bonjour,
Ton feuilleton médical a été palpitant, digne d'une saga d'été. La où c'est moins drôle c'est que c'est une histoire vécue. Je suis vraiment contente que ton frère s'en soit sorti. Quelle épreuve ! J'ai vraiment l'impression qu'il y a une médecine à 2 vitesses, voire même 3. L'une pour les habitants des grandes villes qui n'ont pas trop de difficultés à se faire faire des examens ou consulter un spécialiste, même si chez certains les listes d'attente sont longues. L'autre pour les habitants des campagnes loin des centres urbains, et enfin la dernière barrière est celle de l'argent. Et puis comme si ce n'était pas suffisant, les médecins finalement sont comme tout le monde. La plupart sont compétents, mais un petit pourcentage devrait faire un autre métier car incapable de se remettre en question et trop sûr d'eux.

Concernant la proposition d'une élue de Dijon que les vétérinaires soient habilités à soigner des humains sous couvert d'avoir suivi une formation complémentaire, c'est vraiment consternant de prime abord qu'une telle chose ait pu être suggérée.

C'est vrai quoi ! les campagnards ne sont pas des sous-hommes et nous ne sommes pas dans un pays sous-développé. C'est scandaleux et injurieux. D'autant que les vétérinaires de campagne sont eux aussi surchargés de travail avec les animaux, je ne les voit pas du tout en plus assurer des urgences, même si personnellement je les croient capables de nous soigner. N'oublions pas que nous sommes des primates, certes évolués, mais des primates quand même !

Non mais vous voyez le tableau dans la salle d'attente, mémé Grégoire qui attends sa piqure pour son diabète coincée entre la perruche de Madame michu qui perd toutes ses plumes, et la mise bas qui se passe mal de la biquette de Monsieur Seguin.

D'un autre côté parfois dans les cliniques vétérinaires il y a le meilleur du meilleur en ce qui concerne les instruments pour faire des examens poussés (scanner, IRM, etc..)

C'est vraiment une fausse bonne idée, et dérangeante sur bien des points. Autant remettre à jour les sorciers et autres marabout !

Écrit par : catfrex | 15/12/2011

Cette suggestion de substituer des vétos au défaut de médecins -à la campagne- je l'avoue fut pour le moins inattendue, même si plus rien ne m'étonne de ce gouvernement.
Cette élue devrait rendre son écharpe et le plus tôt sera le mieux. Mais avant, il est souhaitable et urgent de lui faire examiner sa santé mentale... par un véto.
D'ailleurs on devrait lancer une pétition pour que le parlement fasse dorénavant appel à des véto pour soigner la bêtise de nos dirigeants.

Autant j'avais pleinement confiance au véto de mes animaux -lesquels sont souvent soignés avec des médoc à usage humain- s'il me disait de préférer tel traitement à tel autre pour un mal de gorge par exemple, parce que avant d'être un véto il est aussi un humain avec ses forces et ses faiblesses et donc ses maladies. Autant je sais aussi que c'est le système qui est véreux.

Depuis des années on souligne le souci du numerus clausus. Le relever aujourd'hui ne génèrera pas des toubibs avant 10 ans au moins.
Et comme l'attente pour voir un spé (mon ophtalmo 1 an, les gynéco c'est la loterie) et des fois même un généraliste (pour le mien, en cabinet de 3, on peut attendre des fois 5 jours...) est trop longue, les gens se bousculent aux Urgences pour un pet qui passe de travers...

PS : Sympa l'idée d'être coincée en salle d'attente entre une petite chèvre et un oiseau exotique. :)

Écrit par : L. | 16/12/2011

Habitant dans une ville moyenne de la banlieue parisienne, je confirme que même pour nous (par rapport aux habitants des provinces) l'attente pour une consultation de certains spécialistes est longue ; environ 5 à 6 mois pour un ophtalmo, 3 à 4 pour un gynéco ou un dermato. de plus les tarifs sont loin d'être au tarif "sécu". D'ailleurs ne sont pratiqués les tarifs de sécu que dans les hopitaux, les cliniques agréées ou centre de santé ou dans Paris intra muros. Partout ailleurs c'est tarif libre, même pour les généralistes; Personnellement je paie à chaque fois que je vais voir mon médecin généraliste, 32 euros. Ici, c'est 50 € pour un ophtalmo ou un gynécologue.

Quand on sait le nombre de personne qui ne peuvent pas ou plus s'offrir une mutuelle, il faudra pas s'étonner si dans quelques années on se retrouvera avec une pandémie sur les bras parce que 1/4 de la population française n'aura pas eu accès aux soins de base, soit par manque de médecins, soit par manque d'argent, soit pour les 2 raisons. D'ailleurs ça commence à se voir ; dans certaines banlieues on recommence à parler "d'épidémie" de tuberculose, maladie que l'on croyait avoir éradiqué de France, grâce à la vaccination (BCG), et certaines autres maladies "de pauvres" réapparaissent comme la gale, ou le saturnisme chez les enfants.

Travaillant à Paris, je suis toujours étonné de ne rien "attraper" au cours de l'année vue les virus et bactéries qui pullulent dans les transports en commun. C'est à croire que je suis immunisée.

Écrit par : catfrex | 16/12/2011

J'habite dans une grande agglo, assez loin de l'idée qu'on se fait du désert médical. Et pourtant le parcours tel que je l'ai décrit pour Frangin, montre bien les faiblesses. Et ce d'autant que ses malheurs ont démarré pendant l'été.
Pour les spécialistes, chez moi, on a de tout en tarifs. Compter 50 € le gynéco si secteur 2 par exemple.
En fait il est devenu très difficile voire impossible de consulter un spécialiste en CHU, en secteur 1.
Et trouver un ophtalmo relève du parcours du combattant. Chez moi la plupart de veulent même plus de nouveaux patients. Super ! On en fait quoi ?!!!

Et trouver un dentiste entre Noël et le jour de l'An c'est à oublier aussi.

En revanche, la plupart de nos généralistes, lesquels ont souvent une spé d'ailleurs sont resté au tarif de convention soit 23 €.
Le pire que je retraçais dans le parcours de mon frère étant que même ses toubibs avaient du mal à faire débloquer des créneaux dans l'urgence. Donc son IRM il ne l'a eu que un mois après son hospi en soins intensifs. Et d'autres examens ont été programmés en hospi de jour le mardi et le jeudi alors qu'il était sorti de l'hôpital le lundi...

Sinon, les situations que tu présentes quant au retour de maladies pourtant éradiquées ou facilement éradiquables par de la prévention sont en effet une réalité.
Je te souhaite de garder encore longtemps ta forme "d'immunité" lol.

Écrit par : L. | 17/12/2011

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