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13/12/2011

[Mini-Série Médicale] Episode 6/6

Pour terminer, cette mini série, je conclue en précisant un peu le pourquoi de cette note.

Outre le fait de relater les mésaventures d'un individu qui ne semblait souffrir a priori que d'une fièvre banale, c'est aussi de s'interroger sur la gestion des cas médicaux.

Un médecin dit de famille, qui souvent connaît ses patients depuis plusieurs générations, ne les connaîtrait-il pas trop justement, au point de prendre trop à la légère certains symptômes.

Comment faire en sorte que les familles, soient informées a minima, sans pour autant trahir le sacro-saint secret médical ?

De plus, comment peut-on admettre que notre système de santé, qui reste sans doute un des plus performants du monde, se soit dégradé à ce point. Au point que nous devions parcourir des dizaines de km et patienter des semaines avant de pouvoir espérer passer un examen banal, obtenir un diagnostic ? Et pire encore pour un examen complexe.

Augmenter pour 2012 le numerus clausus, c'est bien. Mais ces étudiants là ne seront pas médecins avant 10 ans. Entre temps on fait quoi ? Un an d'attente pour des RV chez certains spécialistes…

Comment peut-on laisser un malade -peut-être contagieux- dans un état d'affaiblissement tel que je le décrivais, parcourir des dizaines de kilomètres, pour aller de prises de sang en examens radiologiques, et se fatiguer plus encore, alors que 2 ou 3 jours d'hospitalisation pour un bilan complet auraient sans doute permis de gagner énormément de temps, et d'éviter pas mal de souffrances. Et d'éviter ou du moins de diminuer sensiblement pour lui et sa famille le stress de l'attente.

Comment peut-on laisser un malade perdre autant de poids et ne presque plus absorber de liquide sans même envisager de lui prévoir des substituts sous perfusion. "Il faut être patient" est la phrase qu'on a dû entendre le plus souvent pendant ce cauchemar.

Les antibiotiques c'est pas automatique dit la pub. Mais dans son cas, à l'issue de près d'un mois de traitements totalement inefficaces (un peu comme soigner une fracture au paracétamol), si les bonnes recherches avaient été demandées le foyer infectieux aurait probablement été découvert plus vite, et traité plus tôt, sur un patient moins affaibli et avec des antibio moins "agressifs" qui n'auraient ainsi pas provoqué autant de dommages.


Le patient a finalement consulté "ses" généralistes des dizaines de fois. Il a vu de nombreux spécialistes, passé plusieurs radios et échographies. Fait réaliser un nombre incalculable de prises de sang avec des recherches importantes. Et je compte pas les médicaments prescrits et abandonnés en route. Sans compter que la plupart des examens avec d'autres en plus, ont été refaits à l'hôpital. Excepté le scanner qui était très récent. Il a même eu droit à un pet-scan.

Il a été en arrêt maladie près de 9 mois, arrêt suivi d'une reprise en mi-temps thérapeutique. A dû suivre des stages de reprise à son boulot.

Tout ça pour le parcours de soins et les innombrables mesures initiées par ce gouvernement, pour réduire le trou de la sécu. A ce jour, tout ceci n'a montré que de l'inefficacité. Le cratère est toujours là, en pire. Et nous les patients citoyens lambda (parce que les Ministres, on les envoie direct à l'hôpital militaire avec les meilleurs examens, les meilleurs soins), continuons à en subir les aléas.

Et les conséquences morales sur la personne qui n'est pas passée loin de la dépression, et sa famille ne se quantifient pas.

Le pire, c'est que précédemment, juste après le décès de mon papa, mon frère avait déjà dû être hospitalisé pour une paralysie foudroyante consécutive à un lumbago.

Soigné au départ aux antalgiques, il n'a pu un jour se relever du sofa.

Il s'est retrouvé dans un service de médecine interne, pris en charge par un gastro-entérologue. Coincé entre un alcoolique en sevrage et un dépressif qui venait de faire une tentative de suicide. Oui, à 3 dans une chambre au départ conçue pour être chambre seule, puis réaménagée lors de rénovation en chambre double équipée pour une troisième personne en cas d'activation du plan blanc. Ce qui n'était pas le cas.

Un exemple concret qui vaut pour tous les CHU. Vous demandez une chambre seule ; la plupart du temps on vous répond qu'il n'y en a pas. Faux. La plupart du temps il y en a. Mais pour mieux compresser le personnel, on compresse aussi les patients dans des chambres. Encore un pas de plus en arrière et on va rouvrir des dortoirs de 20 lits.

Et c'est sans oublier les services qui ferment les week-end. Le vendredi 15 h, tout le monde doit être soit muté ailleurs où des personnels déjà surchargés vont devoir faire du baby-sitting, soit parti.

Ce petit feuilleton n'a pas pour vocation a être alarmiste. En France, l'accès aux soins pour tous, et de qualité, reste essentiel. Mais dans un secteur justement aussi important que la santé, domaine méconnu du citoyen lambda qui ne peut donc que "faire confiance" nous allons devoir être extrêmement vigilants à l'avenir.

J'ai eu la chance que mon petit frère s'en sorte. Il s'est battu comme un diable. Il est navrant de se dire que nous avons même parfois dû nous montrer assez "fermes" et insistants avec des personnels hospitaliers qui donnaient l'impression de ne pas nous écouter. J'ai même menacé de faire admettre Frangin dans un hôpital lyonnais puisque 5 mois de parcours chez nous s'étaient soldés par du néant.

Je suis quelqu'un de rationnel, mais vu ce que nous avons vécu, honnêtement on pourrait parler de miracle aussi.

Dans la même période, un jeune homme dans la banlieue parisienne est lui décédé d'une forme de méningite, quelques heures après que l'hôpital ne l'ai renvoyé chez lui avec une prescription pour un état grippal…

09:19 Publié dans Mini-Séries | Lien permanent | |  Facebook

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