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06/12/2011

[Mini-Série Médicale] Episode 5/6

C'est ainsi que les jours passent, faits de tests et prises de sang en tout genre. Il a des immenses hématomes de partout. Et plus trop de veines de disponibles.

Le mardi soir 16 novembre donc, on lui propose un repas. Un vrai. Entrée, plat et dessert. Son dernier "vrai" repas remonte à plus de 4 mois.

Et ces craintes de vomir reviennent au grand galop.

Et là, clin d'œil anecdotique, c'est le jour ou la gastronomie française fut portée au patrimoine de l'humanité. Le voilà devant… un steack… de cheval en plus. Impensable pour lui d'envisager de manger un tel truc, mais il va tenter une bouchée. Ainsi qu'un peu de riz, et une cuillerée ou deux de dessert. Des perfusions de protéines entre autres continuent de passer en parallèle.

De même que de quoi éviter non seulement les nausées, mais aussi les vomissements. Et il gardera ce micro-repas.

Il est en soins intensif depuis maintenant quelques jours et une question terrible me vient à l'esprit. Je crains qu'il ait oublié que notre père est décédé. Il ne fait aucune allusion, rien de rien.

Aussi je lui propose de regarder des sms sur son iphone que nous gardons précieusement. Et sur ce téléphone, il y a une photo de mon père. Sa réaction m'indiquera ce qu'il en est. Et justement il ne réagit pas. Donc il sait. Il n'a pas oublié… ouf.

Ses copains défilent de 14 h à 20 h, sans compter ceux qui par le boulot se permettent une de prendre des largesses avec le règlement. C'est ainsi que es collègues pompiers, des infirmiers, mais aussi des collègues de son boulot profitent de 10 min de pause pour une visite ou parfois restent 2 ou 3 h.

On retrouve petit à petit mon frangin. Le traitement contre la méningite semble efficace même si le diagnostic n'est confirmé qu'à 99 %.

Nous demandons aux infirmières si nous pouvons lui apporter quelques trucs à grignoter. Ce qui nous est accordé.

Les 1ers jours il ne mange quasi rien mais son estomac garde tout. Puis il nous voit maman et moi grignoter un petit pantin brioché, du pain d'épice (nous sommes à moins d'un mois de Noël) et se laisse tenter. Par petites bouchées.

Sa chambre ressemble au rayon épicerie d'un hypermarché tellement collègues, copains et voisins le gâtent. A une bibliothèque aussi.

Et les infirmières et auxiliaires médicaux le chouchoutent.

Les chambres en SI, du moins dans cette partie du pavillon, n'ont pas de salle de toilette. Le fait est que lorsque l'on est en SI, on est entièrement ou presque dépendant.

Frangin en revanche recommence assez vite à vouloir reprendre son autonomie.

Les aides soignant l'aident à faire sa toilette, ce qui n'est pas toujours facile à vivre pour le patient. Surtout sous vidéosurveillance.


Une autre PL de même qu'un miélogramme, des électroencéphalogrammes etc seront réalisés. La méningite, puisque on est resté sur cette pathologie, est en régression. L'encéphale est encore touché, mais là aussi, les zones atteintes de plus en plus réduites.

Plus d'hallucinations. Quelques confusions, et des oublis, mais légitimes. D'autant qu'à l'hôpital la notion de "temps" est différente.

Il passera plus de 2 semaines en soins intensifs. Ses médecins veulent à tout prix qu'il puisse bénéficier d'une chambre seule en médecine interne, service ou il devra rester cette fois jusqu'à ce qu'il soit sur pieds. Avec des résultats corrects. Et là, je compte bien m'assurer qu'il ne sera pas remis dehors de façon injustifiée.

Dit autrement : 8 jours, 15, 1 mois ou 3. Personne ne sait. Il n'est pas tiré d'affaires, mais les signes sont bons.

Mais arrivés en médecine interne, c'est à nouveau le chaos qui nous attend. Finis le service high-tech avec un rapport "équipe médicale/patient" plus élevé que la moyenne.

Nous voici rebasculés dans l'enfer. Personne ne semble informé de son arrivée depuis l'autre bout du bâtiment. Tout a coup, quelqu'un réagit. Victoire… de courte durée. On nous indique qu'il est affecté en service B. Sauf que je me vois obligée de réclamer de façon virulente je l'avoue. Nous sommes mercredi fin d'aprèm et le service B ferme le vendredi à midi. Aussi mes propos seront les suivants : "il vient de passer 2 semaines entre la vie et la mort en soins intensifs, et ce après avoir été hospitalisé chez vous en B et renvoyé chez lui dans un état lamentable, c'est sûrement pas pour retourner y vivre l'enfer ni y faire 1 jour ½ de tourisme. Et je menace en tournant les talons et en dégainant les téléphones d'aller en rendre compte au Dr XX et au Chef des Urgences.

Efficace, puisque une infirmière-cadre hospitalier tout miel-tout sucre déboule de nulle part dire que ce patient est sous sa responsabilité… en service A donc. Celui qui ne ferme pas le WE.

Il passera près de 15 jours dans ce service. Lequel tentera de le faire repartir (faut libérer des lits) au bout de 10 jours ce à quoi nous devrons nous opposer à nouveau et encore une fois pas en toute délicatesse. D'autres tests, dont IRM sont en attente. Et les Pds que nous avons appris à déchiffrer, ne sont pas encore au top. Loin s'en faut.

C'est le 6 décembre qu'il sortira de l'hôpital. Sur ses deux jambes, avec des couleurs et le sourire. Il commence même à réclamer que j'aille lui racheter des fringues, vu que plus rien lui va.

A peine arrivés à la maison, chez ma mère donc, que la salon se remplit de ses copains voisins etc…à la minute même ou il descend de voiture.

Le 8 décembre, c'est retour ponctuel à la case hôpital pour un examen qui n'a pas pu être programmé avant son départ alors qu'il a passé 1 mois là bas... Frangin tient debout. Se fatigue très vite, mais reprend des forces, lentement mais sûrement.

Le 10 décembre, soit un mois après son arrivée aux urgences, c'est soirée de fête chez les pompiers. La Sainte-Barbe pour ceux qui connaissent. Nous l'avons préparé à ça. Il désire y aller… pour 1h ou 2. Il va finalement y rester une bonne partie de la nuit, qu'il passera assis essentiellement. Bichonné par ses potes qui voulaient aller jusqu'à lui couper son filet de poisson. C'est finalement vers 4 h du matin qu'il se couchera, épuisé, mais de bonne fatigue.

Il restera en arrêt 4 mois, puis reprend le taf au printemps, en mi-temps thérapeutique. Des séances de kiné sont nécessaires cause perte musculaire. Des examens de surveillance. Et toujours encore au programme à ce jour.

09:39 Publié dans Mini-Séries | Lien permanent | |  Facebook

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