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25/11/2011

[Mini-Série Médicale] Episode 2/6

Un mois déjà depuis le début des symptômes c'est donc un 4ème médecin qui va s'intéresser au sujet. Sorte d'interniste, de Dr House à la française, version féminine et sans canne. Interrogatoire classique, méticuleux, auscultation… Et cette fois une prescription d'antibio est délivrée 30 min plus tard avec enfin de quoi espérer faire tomber baisser, la fièvre. Comme souvent avec les antibio, il est conseillé de les prendre pendant les repas, pour éviter les problèmes gastriques, digestifs. Sauf que le patient mange très-très peu (euphémisme pour "ne mange que dalle") et que le traitement est très-très fort (euphémisme pour "abattrait un cheval").

Et en effet, les nausées ne tardent pas se faire sentir. A présent, même un verre d'eau ne passe pas. Et est régurgité au centuple.

C'est le toubib remplaçant du n°3, celui qui était à l'initiative du RV chez le spécialiste, qui prolongera l'arrêt d'1 semaine, et lui fera arrêter le médoc coupable des nausées, mais pur autant délivrer de substitutif.

Mais voilà, nous sommes à présent fin août et l'arrêt d'une partie du traitement signe le retour d'une partie des "symptômes". Et retour chez le médecin. Le référent cette fois, le médecin de famille comme on dit. Celui qui il y a à peine 1 mois croyait à une bronchite, là n'en croit pas ses yeux de voir l'état détérioré de la personne.

Du coup, le voilà qui prend un temps infime à relire tous les tests, commentaires, courriers etc.. et qui modifie à nouveau le traitement.

Il va aussi prescrire d'autres examens. Et là, c'est à nouveau une course contre le calendrier pour avoir des examens dans des délais raisonnables.

Pendant ce temps, les médicaments pourtant arrêtés continuent de causer des effets secondaires presque pires que la supposée infection en elle-même. Le malade continue à fondre. Il ne dort plus, même sous somnifères (pourtant dosés eux aussi pour endormir un cheval). Et si par bonheur il arrive à somnoler 2 h, c'est pas dans le bon fuseau horaire.

Et toujours pas d'hospitalisation en vue. Ni de perfusion alors que Frangin est carencé de tout.

Il lui faut 2 ou 3 h pour se remettre d'une simple douche, il doit se raser en 3 fois et assis. D'ailleurs il ne se rase plus.

Et le généraliste  se veut rassurant. Pour lui, courant septembre, le malade sera sur pieds et aura même repris le boulot.


Puis vient un examen du cœur pour lequel il va me demander de l'emmener tant il ne se sent pas la courage de conduire. Il est comme une voiture sans batterie ni essence en fait.

Rien à signaler à l'examen. Mais l'infection est toujours présente. Tout traitement a été stoppé. Et la fièvre s'est stabilisée autour de 39°.

Le malade picore à peine une fois dans la semaine ce que nous on grignoterait toutes les 3 heures.

Et le moral est évidemment en dent de scie ce qui n'aide en rien à un rétablissement, prompt ou pas.

Une énième consultation s'en suit chez l'interniste, et c'est avec une prescription pour un scanner, que le patient repart. Pas avant 3 semaines, le scanner. C'est le mieux qu'on a pu obtenir. Après moult coups de téléphone.

Entre temps, l'état de fatigue et les nausées/vomissements sont tels, que l'interniste, contacté par le généraliste, se décide finalement à une hospitalisation. Mais pas en urgence donc. Prévue sous 15 jours/ 3 semaines, pour octobre.

Il subsiste cependant quelques périodes ou on voit un semblant d'amélioration. Plus que 38° de température, c'est une amélioration. Des couleurs sur ses joues aussi. Mais non, leurre, mirage, illusion.

C'est à ce moment, courant septembre donc, pile à la date anniversaire du décès de notre papa, que je fais la crise de calculs biliaires qui me vaut l'hospitalisation, en clinique, fin septembre. J'avais envisager d'attendre un peu. Mais attendre quoi ? Et prendre le risque qu'une nouvelle crise me mette à nouveau KO au moment ou ma famille a le plus besoin de moi. Prendre le risque qu'un caillou ne s'évade et de devoir passer par une chirurgie plus lourde...

Trois mois déjà se sont écoulés depuis le 1er arrêt de travail de Frangin.

Hospitalisé pour examens complémentaires dans un service de médecine interne donc, mais qui ferme le WE. Il subira une gastroscopie, un examen pas sympa du tout et point-barre. Aussi, le vendredi, on nous rend Frangin dans un état identique voire pire à celui dans lequel on l'a déposé. Une loque, un zombie. Vers 10 h du matin une aide-soignante lui demande de quitter son lit pour le fauteuil. Il aura interdiction d'y remonter une fois le lit changé. Il va rester dans le fauteuil depuis 10 h jusqu'à plus de 16 h le temps que les personnels aient signé les sorties de tous les malades. Manque de bol pour Frangin, il était au bout du couloir, le dernier "dossier".

Monter dans la voiture le met au bord du malaise. Il a perdu un poids phénoménal. Ses résultats sanguins et constantes (tension, pouls, température), ne sont pas bons. Il ne mange toujours pas. Et pire, ne supporte pas non plus les liquides. L'hôpital ne l'a pas perfusé pour autant, se contentant de lui refiler de l'eau gélifiée. Et de nous rassurer.

Le patient, et nous sa famille, on continue malgré tout de leur apporter un minimum de confiance. Après tout c'est vrai qu'il n'a plus 40 de fièvre.

On nous explique que le traitement prescrit va porter ses fruits sous peu.

Et basta.

Les jours passent. Frangin vit chez ma mère, puisque incapable de vivre seul.

Il déprime tant son état décline. Il culpabilise aussi de nous faire endurer tout ça. Ne répond plus au téléphone, et ne veut pas voir ses copains tant il est fatigué. Crois que jamais on ne solutionnera son problème. Ce qu'on croit aussi. Nous sommes à bout de nerfs. Je me surprends même à chialer dès qu'on me demande de ses nouvelles. Et ça arrive 100 fois par jours. Quant à maman, comment elle tient le coup, ça reste un mystère. En tous cas, on peut remercier les copains… La famille, mis à part une infime partie, n'a pas du tout mesuré l'ampleur de la situation, trop préoccupée qu'elle est par son nombril. Nous somme la "sous-famille".

Son état va rester ainsi, environ 3 semaines. Sans évolution positive. Notre généraliste nous expliquera qu'il faut laisser le temps au temps. Laisser l'organisme reprendre le dessus. Soit.

09:07 Publié dans Mini-Séries | Lien permanent | |  Facebook

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