05/10/2011
Sous-diplômée ?
Souvent j'ai exprimé l'idée que les entreprises ne voulaient plus trop recruter des secrétaires ou assistantes de direction "diplômées" du ridicule ex-BAC G1 (M. Sardou "vous passiez un Bac G, un Bac à bon marché...") et de son complémentaire BTS ex-Assistant(e) de Direction.
Tant qu'à faire pour le SMIC ou à peine plus, ils peuvent maintenant avoir des -désespérés-prêt-à-tout- diplômés en droit, en ressources humaines qui feront parfaitement et utilement l'affaire, puisque nés avec un ordi entre les mains et un fesse-bouc déjà créé alors même qu'ils n'existaient que sous forme embryonnaire.
Bien sûr cette déduction est officieuse. Fruit de mes démarches longues, nombreuses et infructueuses, de recherche de taf. Dans ce secteur justement.
Parce que officiellement notre belle Education Nationale, enfin ce qu'il en reste, continue à produire des futurs diplômés dans ces filières. Juste l'intitulé du diplôme a changé. Et aussi quelques matières histoire de le profesionnaliser un peu plus. De le rendre plus en adéquation avec le marché. Il y a 20 ans déjà j'ai entendu la même et inefficace ritournelle.
Mais je n'avais encore que rarement vu d'offres pour lesquelles le recruteur profile à BAC +3/4 son poste d'assistante de direction.
Qu'on me montre donc le chemin de la licence ou du master assimilés que j'aille user mon fond de mini-jupe sur un banc de fac (mais que suis-je sotte, je peux pas, suis au chômage, interdite de formation). Pis Bac+4 pour du secrétariat alors que les infirmiers ont dû batailler des années pour une reconnaissance de leur formation en BAC+3, ce serait un beau gag.
Donc je n'ai pas résisté à la capture d'écran pour immortaliser cette belle offre. Notons au passage que si la "capacité à travailler en anglais (oral et écrit)" -c'est peut-être un diplômé en langue qu'ils cherchent subliminalement en fait- n'avait pas été requise, c'est avec une immense joie que j'adressais mon CV à cette structure, juste pour le plaisir de leur demander ensuite quel diplôme ils recherchent donc.
Parce que toutes les autres compétences, je maitrise. Il n'y a guère que la diplomatie qui commence à me faire défaut. Fatalement... ;)
Plus largement, ce profilage surdimensionné ainsi avoué (ou masqué sous couvert d'un autre intitulé) expliquerait donc bien pourquoi lorsque je postule en spontané auprès de grandes structures d'Etat ou non, pour des postes d'assistante de direction/communication/secrétaire, au mieux je me retrouve convoquée pour des postes d'agent administratif pour de l'instruction de dossiers, et au pire, situation la plus fréquente, pas convoquée du tout.
Pourtant que je sache, quelque part au détour des couloirs, on en trouve encore des secrétaires. Recrutées donc par le biais d'un monde parallèle, d'une 5ème dimension pour lesquels je n'ai pas les codes d'accès.
08:36 Publié dans Recherche emploi & Formation | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : assistante de direction, secrétaire, chômage














Commentaires
Bonjour,
je suis d'accord avec vous sur le fait que certaines entreprises aujourd'hui cherchent le mouton à 5 pattes!
Pour autant, d'après ce que je comprends de l'annonce encadrée le terme " idéalement" représente pour moi l'équivalent de souhaité. Donc si vous avez une expérience derrière vous pouvez postuler.
Et non le terme exigé qu'on trouve dans certaines annonces et qui est lui rédhibitoire.
Maintenant je pense qu'il faut aussi bien se préparer aux entretiens (pourquoi pas avec des associations de personnes en recherches d'emploi) car aujourd'hui les entretiens d'embauches ressemblent fortement à des concours pour obtenir un emploi.
Écrit par : aude | 05/10/2011
@Aude => Question de sémantique certes, mais je vois plutôt le "idéalement" comme un intermédiaire entre le "souhaité" qui ratisse un peu trop large, et le fameux "exigé", qui élimine lui d'avance moult candidats.
Cela étant, on sait pertinemment que l'entreprise va idéalement justement, se pencher sur l'idéal. Même plus 5 pattes, le mouton, mais au moins 6 et en plus avec 2 têtes tant qu'à faire ! lol
Ensuite les entretiens ne sont pas un problème pour moi. Comme je l'ai dit sur d'autres billets, et en toute modestie, j'ai réussi à obtenir un poste dans plus de 95 % des cas ou j'avais eu un entretien.
Les 5 % restant, je sais pourquoi le recruteur m'avait fait venir et disons que ça ne mérite même pas de commentaires…
J'ai d'ailleurs aussi eu des séances de coatching de prépa aux entretiens il y a peu, et là pour le coup, c'est l'organisme qui m'a demandé le pourquoi de ma présence.
Notre souci principal, et je parle un peu au nom de pas mal de demandeurs d'emploi, c'est de DECROCHER l'entretien.
Nos -inutiles- lettres de motivation sont de l'avis de tous (cabinets, Pôle et même recruteurs, conseillers en RH etc…) correctes.
Pour mon cas c'est le CV qui bloque. Je suis trop dispersée d'une part. Et trop centrée secteur public, pour le privé. Pas assez pour le public.
Et puis la vérité est que l'on continue à perdre des emplois. Là aussi j'en ai parlé, le terme de récession revient de plus en plus souvent. Nombre d'entreprises envisagent des licenciements massifs pour après élections. Les perspectives projetées jusqu'en 2013 ne sont pas bonnes. Les collectivités territoriales freinent elles des 4 fers du fait de la baisse voire suppression de certains financements (taxe professionnelle). L'Etat réduit son personnel en dépit du bon sens.
Écrit par : L. | 05/10/2011
je suis tout à fait d'accord avec vous sur la difficulté de décrocher un entretien aujourd'hui.
Je pense qu'actuellement si l'on a pas de réseau dans certains secteurs, c'est difficile voir quasiment impossible de trouver du travail (et encore si on a le bon diplôme et l'expérience qui va avec).
Comme me dirait un ami il y a du travail aujourd'hui mais c'est souvent celui qui est le moins payé et le moins reconnu.
Maintenant, je suis d'accord que l'emploi évolue. Que ce soit face à la crise avec les restrictions budgétaires ou grâce à l'évolution de la modernité.
L'emploi finira t'il par concerner un minimum d'entre-nous comme l'indiquait l'article sur le revenu d'existence? Vaste mystère.
Écrit par : Aude | 05/10/2011
Le réseau il y a peu, c'était plutôt le truc tendance juste pour certains jobs, cadres, ou dans la com' etc... et comme vous le dites, à supposer qu'on dispose du bagage requis (expérience, diplôme...).
Qui aurait pu penser qu'un jour on ait "besoin" d'un réseau pour taper des courrier, faire du café et des photocop. lol
On est en tout cas loin des préceptes selon lesquels travailler est un droit au même titre qu'avoir un logement. Droit qui n'est pas loin de devenir une exception.
Écrit par : L. | 06/10/2011
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