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27/09/2011

Chômeurs abstenez-vous

J'ai été contactée par mail, comme ça m'arrive parfois, au sujet de mon blog. Des mails de soutien, des demandes d'infos etc…

Cette fois, la personne voulait me remercier (j'en rougis) pour mes démarches de partage quant à mes quelques déboires d'emploi, ou plutôt d'absence d'emploi, et me montrer un article paru sur le site actuchômage, "Chômeurs s'abstenir".

Un article rédigé suite à la parution d'un autre il y a peu dans le New-York Times. Vous pouvez le consulter ici, in english of course (*)

Donc pour faire simple, il s'agissait de dénoncer un phénomène qui se développe outre-atlantique, en toute légalité, chez eux. Un phénomène discriminatoire particulier. Non pas qu'elle porte sur le sexe, les origines ethniques ou des critères très superficiels de "beauté". Non, elle porte sur le fait pour un employeur de rejeter les candidature de… chômeurs.

Les employeurs d'après une enquête, privilégieraient le recrutement de personnes encore en poste ou éventuellement un demandeur d'emploi, mais qui n'aurait perdu son emploi que très récemment.

Ce qui m'amène à réfléchir à cette éventualité, dans notre bel hexagone.

Même si on se doute en France aussi, de l'existence de ce phénomène, on préfère je crois se voiler la face et se dire que autre chose a fait défaut dans une candidature.

Comme on peut le lire sur le site de France-Info : "On ne peut pas écarter par exemple un candidat à un poste de comptable parce qu’il n’a pas fait médecine… Et pas non plus parce qu’il est au chômage. Du moins officiellement."


En réalité, les demandeurs d'emploi savent déjà bien qu'il est préférable de retrouver un job dans les trois mois qui suivent un licenciement. Plus le temps passe, et plus difficile sera l'aventure ensuite. Semée d'embûches. Les embûches visibles, profils très précis, très techniques (en gros il nous manque toujours 1 € pour en faire 10) et invisibles tels que les critères cachés voire tabous. Et là, place à toutes formes de discriminations.

Une certaine forme de démobilisation qui apparaît inévitablement, même en pratiquant l'auto-coup-de-pied-au-cul (essayez donc).

Mais aussi et justement parce que le demandeur d'emploi de longue durée (reste à apprécier la notion de durée), passe souvent parfois pour un feignant. On se trimballe une sacrée mauvaise réputation. Et si en plus vous passez de CDD à CDD et comble du comble, en variant les secteurs d'activité, alors vous voilà irrécupérables, instables. Combien de fois un recruteur m'a demandé pourquoi on ne m'avait pas conservée (euh, dans le formol ?!!) sur le poste précédent.

Nous sommes considérés comme des individus qui ont décroché du système et qui auront les pires difficultés à nous intégrer, à nous adapter etc… Oui c'est clair que là, vu mon impatience légendaire, ma situation et mes 42 printemps (vraiment des printemps), je me contente plus de japer et de montrer mes canines. Je mords aussi.

Je ne nie cependant pas que reprendre un boulot après une longue interruption est une démarche difficile. Nous devons nous familiariser avec une nouvelle structure, avec de nouvelles méthodes de travail, apprendre à connaitre les collègues, le matériel... D'ailleurs l'accueil des nouveaux salariés est un point qui mériterait d'être étudié et amélioré dans bon nombre d'entreprises ou services institutionnels.

A contrario, quelqu'un déjà en poste et qui verra une continuité de travail d'un emploi à l'autre tend plus à inspirer confiance. Qu'importe qu'il ne glandait rien ailleurs, que ses futurs-ex collègues ne le regretteront qu'hypocritement et que son futur-ex boss n'a qu'une envie, l'aider à vider son casier et que donc il se fera un plaisir de vanter ses mérites auprès du futur-nouveau patron (mais alors s'il est si bon que ça, pourquoi donc le laisser partir ?!!).

Ou alors est-ce juste un moyen de plus, un prétexte pour les employeurs d'opérer une présélection parmi les très, les trop nombreuses candidatures ?

Dans la réalité, je peux toutefois noter que parmi mon entourage j'ai des exemple de personnes ayant trouvé un emploi alors même qu'elles occupaient déjà un poste. Certains même en ne cherchant pas. Situation certes plus fréquente pour les emplois à responsabilité, les emplois d'encadrement ou les postes à haute technicité (ce sont d'ailleurs plus souvent ces profils que l'on trouve sur les réseaux professionnels et donc par voie de conséquence, qui sont consultés), mais pas que.

Et mieux j'ai moi même fait cette expérience. A chaque fois que j'ai trouvé un emploi, et continué à chercher mieux (mieux que des CDD de 1 ou 2 mois) il m'est venu d'autres propositions faisant suite à ces démarches de prospection.

Je bossais dans une grande surface, pour leur CE. Je fus alors contactée pour bosser dans le secteur du logement. J'aimais beaucoup mon travail pour le CE, mais je voyais une meilleure plus-value pour mon parcours en prenant le poste en OPAC. Donc je suis partie.

Arrivée à l'OPAC, je poursuis mes recherches. J'ai alors été contactée par le CHU de l'agglomération pour un emploi de secrétaire. Là par contre je n'ai pas donné suite car contrat de quelques semaines contre 1 an en OPAC.

Et j'ai d'autres exemple du même acabit.

L'enchainement d'emplois générait des propositions. L'enchainement de périodes de chômage génère l'absence de propositions. Pas une généralité, mais ma généralité.

Alors, je m'invente un poste là maintenant pour maquiller mon CV ? Ministre des français de l'étranger pour passer le temps (et voyager), ce serait bien. Y'a une place à prendre. Et suis prête à revoir mes prétentions. C'est la crise ; je casse les prix !! Et personne ne saura que je ne l'occupe pas vraiment. Un emploi fictif flexible.

 

(*)"en anglais bien sûr" (loi J. Toubon) lol.

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