24/05/2011
Le sujet du moment
Je l'ai déjà dit ici, et ne m'en cache pas ; je ne vote plus. Pour l'instant. Et autour de moi, compte tenu d'un contexte de politique très ancré dans ma famille, je sais que ma décision est diversement commentée.
Mais ma décision n'est en rien irrévocable. La présidentielle de 2012 approchant, je commençais à me poser la question. Oui, parce que ne pas voter sciemment est pour moi un acte lourd. Je l'assume, mais je passe ma journée du dimanche électoral à cogiter. Surtout que j'étais du genre à voter, tenir un bureau et faire le dépouillement ! Et surtout que l'actu politique, la politique, je baigne dedans depuis petite.
Et maintenant, l'idée de dégager cette droite totalement et profondément injuste, anti-sociale (et donneuse de leçons), fait évidemment son chemin. La somme de mesures prises, qui sont à vomir, est telle que je me voyais bien aller mettre avec un immense plaisir, mon bulletin dans l'urne.
Ensuite, la question était évidemment du choix. Gauche ? Laquelle ? Ou blanc ?
Parce que à trop vouloir en attendre, on peut aussi être déçu.
Mais dans mon esprit, et je le dis aussi depuis plusieurs années, DSK était sans doute celui qui pouvait être le meilleur opposant à Sarko. Ca ne veut en aucun cas dire que j'avais envie de DSK comme Président. Mais en prenant les choses sous un autre angle, une présidentielle, à l'ère de la mondialisation, s'ouvre au delà des frontières.
Donc cet homme représentait pour moi la meilleure arme pour un changement d'orientation politique. Il représentait aussi un orateur idéal, face à Sarko (à la droite) si cette configuration de face à face s'était présentée. Et face aux chefs des autres Etats.
Son expérience, son envergure, son charisme, tout semblait réuni pour faire de lui l'homme de la situation. Et me concernant, peu m'importe bien la vie sexuelle d'un dirigeant du moment qu'elle reste dans la légalité. Les dérives si dérives il y a sont du ressort de sa famille, des parties concernées. D'ailleurs si on devait enfermer tous les mecs (et filles, mais là on parle d'un homme hein lol) qui vont voir ailleurs si l'herbe n'est pas plus verte, il y aurait au moins une prison par commune et peu de gens pour les construire. J'en sais quelque chose. Faites un tour sur quelques sites de "rencontres", ça va vous donner le ton...
Et surtout, tous les mecs un peu coureurs ne sont pas des agresseurs/criminels en puissance, c'est un fait établi aussi. Et ouf pour moi !
L'autre partie du débat étant de savoir si pour être étiqueté à gauche il faut forcément être issu d'un milieu ouvrier, avoir un passé digne de Cosette ou Rémi sans famille. Etre de gauche et friqué, est-ce si incompatible ? Instaurer une justice sociale est-ce forcément l'apanage des moins favorisés ?
Et puis le 14 mai est arrivé. Un lendemain de vendredi 13 d'ailleurs. Quelques heures avant personne n'aurait pu imaginer une telle situation. Le Président en fonction du FMI, celui qui avait remis, aux dires de tous, cette institution sur les rails, débarqué d'un avion, arrêté, inculpé et exilé dans une prison New-Yorkaise. (Pendant qu'un certain Chef d'Etat se la coule douce dans son Italie).
Rikers, on connaît par les séries TV US. La situation qui va suivre est digne d'un autre, "The good wife" (bah vi, au chômage, je parfais mon english -et le droit américain dont on se fait à présent un cours intensif- ;) en matant des séries).
Evidemment le complot venait à l'esprit de tous tant l'histoire est énorme. Et plus énorme est la machination, plus elle a des chances d'être avalée et digérée sans difficulté.
Puis faut se résigner à l'évidence qu'il s'est passé quelque chose. Et que le paysage politique français vient de subir un revirement aussi inattendu qu'énorme.
Me voilà donc à nouveau à cogiter. Aller voter ? Alors ce serait par dépit et non plus par conviction d'opportunité de changement. Et c'est peut-être aussi par dépit, par défaut, que le candidat du PS risque d'être "intronisé" ce qui n'aide en rien à un choix cornélien.
Sans compter que le procès risque fort de se dérouler pile au moment des élections, vu le timing. Histoire de remettre de l'huile sur le brasier.
Et la victime présumée ? Je vais me faire lyncher ou taper sur les doigts pour avoir relégué son cas en bas de billet, en 5 lignes (pas comptées hein). Qu'importe, je prends le risque. Surtout que P. Devedjian vient de donner quelques leçons de morale à la TV (ou à la radio) ; un peu l'hôpital qui se fout de la charité, vu au moins une des casseroles qu'il se trimballe en terme de remarques aussi injurieuses, sexistes, que "flatteuses".
Et je lui jette même pas la pierre sachant pertinemment que les mots peuvent vite dépasser la pensée. J'en sais quelque chose aussi ; j'ai comme qui dirait, aucun filtre entre mon cerveau et ma bouche...
Donc la plaignante, si elle dit vrai, elle a été victime d'actes insoutenables, inqualifiables et répugnants.
Et, évidemment que je pense à elle. Non pas parce que je suis une fille. Ni même pour quelques penchants féministes. Mais juste parce que cette histoire est le fait de deux personnes. Un présumé innocent contre une présumée victime ou inversement. On ne peut dissocier l'un de l'autre.
Deux camps. Deux versions. Et nous n'avons comme vision des faits que ce à quoi les médias ont pu accéder comme infos. Une avalanche d'infos plus ou moins pertinentes, et surtout invérifiables.
Sauf que à vouloir la (sur)protéger, les USA ont transformé la victime présumée en fantôme. Dans tous les sens du terme, puisque présentée en plus, (enfin on le suppose) sous un drap blanc... Je ne suis d'ailleurs pas convaincue que toutes les victimes de tels actes bénéficient d'un tel traitement.
Alors me concernant, il m'est difficile de faire montre d'empathie dans ces circonstances. Je conçois que c'est terrible à lire, autant qu'à écrire. Mais le contexte, la délocalisation, une appréhension des faits, une législation différentes de la notre, tronque je crois la vision que je peux avoir des choses.
Et difficile aussi de prendre du recul face à cette déferlante d'infos (de non-info).
Seul point sur lequel je crois on peut tous tomber d'accord. A présent que la machine judiciaire s'est mise en branle, on ne connaîtra jamais la vérité. Les spéculations vont pouvoir perdurer. Et les infos les plus loufoques circuler. Les doutes resteront aussi, quelle que soit l'éprouvante issue. Aucune des deux parties n'en sortira sereinement.
Et ce que je sais aussi au fond de moi, c'est que à moins d'avoir des preuves irréfutables, des combinaisons de preuves, qui vont bien au delà d'analyses ADN, il me serait difficile de condamner quelqu'un. DSK ou pas.
Juger en son âme et conscience...
08:33 Publié dans Actu, Eco & Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : dsk, élections 2012














Commentaires
Me revoici après quelques semaines d'absence due au décès prématuré de mon PC... Ton billet m'a fait réfléchir. Je ne vote plus non plus depuis 4 ans, sous le choc de la victoire sarkozyste qui m'a franchement dégoûtée de la politique... Mais effectivement, l'échéance de Mai 2012 étant l'occasion pour moi comme pour beaucoup de sanctionner Sarkozy et ses boys, je me déplacerai l'année prochaine pour voter.
La question est : pour qui ?
Bien qu'étant "de gauche", je n'ai jamais cru une seconde que DSK était le candidat idéal des socialistes. Mais jusqu'à la semaine dernière, je disais "tout sauf Sarko, donc ce sera DSK".
Aujourd'hui je suis presque soulagée : je ne serai pas obligée de voter pour un candidat par dépit comme j'ai pu le faire pour Chirac en 2002 (ma main en tremble encore !!!).
Reste la bataille fratricide et désolante au sein du PS pour savoir lequel aura l'insigne honneur de remplacer DSK dans le coeur des militants... Je trouve que Hollande manque d'envergure internationale (mais disons qu'il a le temps de la préparer), qu'Aubry manque de punch, quant aux autres... Ils manquent de trop de choses pour faire le poids face à Sarko.
Bref, je nous vois bien mal engagés en 2012.
Quant à DSK, sa mise à mort politique (son suicide politique ?) n'est finalement pas grand chose comparée au champ de bataille qu'est devenue sa vie personnelle. Coupable ou pas des faits qui lui sont reprochés, condamné ou pas, ce type trimbalera toute sa vie l'image d'un pervers sexuel. Même blanchi, le doute subsistera toujours. Et si le sort de sa victime supposée n'est pas enviable, le sien ne l'est guère plus...
Écrit par : Christelle | 24/05/2011
La question de voter pour "qui" va être dur en 2012, je te l'accorde. Même avec DSK en ligne je ne croyais pas trop en lui (au niveau de bouger les lignes dans le système économique).
Aujourd'hui une de solutions pour sortir de cette crise du travail en Europe c'est de remettre des barrières "taxes" (avec un taxe d'importation rendant le cout du produit aussi cher que si il etait produit en Europe) pour tout produits entrant sur le territoire européen, ou exiger des entreprises qui veulent vendre sur le marche européen de produire en Europe.
C'est ce que commence a faire les USA. Et cela mettra a coup sur un frein aux fameuses delocalisations hors Europe (Chine, Indes par exemple). Restera les question internes en Europe pour eviter que certains pays (Pologne par exemple) devienne la destination prochaine de ces delocalisations. Il faudra que l'Europe ajuste les niveaux sociaux et salaires dans tous les pays par le haut. Il faut une Europe forte au niveau politique, y a pas a tourner en rond, et non pas une Europe de pacotille telle qu'elle est aujourdhui. Je propose meme que l'on arrete les elections presidentielles en France. Un premier ministre suffit (genre chef du parti qui aura gagne les elections legislatives), encadre par un vrai conseil constitutionnel indépendant et renouvelé au suffrage diret par le peuple. Et pour construire une vraie Europe forte, je propose qu'il y ai l'election d'un President de l'Europe au suffrage direct. Celui ci serait en charge avec un gouvernement européen de la politique internationale, de la monnaie, et justement des règles économiques pour l'Europe....Un vrai programme n'est ce pas? Il faut bouger les lignes, la France toute seule ne s'en sortira pas, il faut passer une vraie Europe! Votez pour moi! ;)
Écrit par : philippe | 24/05/2011
Je réponds au deux com' en même temps, vu que on y retrouve des similitudes.
Déjà, on est bien d'accord pour dire que DSK n'était pas non plus l'idéal. Un peu comme Christelle, c'est en procédant par élimination chez les soc en partance pour l'aventure (les plus crédibles en tout cas), que j'en suis arrivée à DSK pour le moins pire à défaut du meilleur. C'est navrant d'ailleurs d'en être réduits à faire de tels choix...
Je rejoins d'ailleurs parfaitement Christelle sur ses avis quant à F. Hollande et M. Aubry. J'en avais fait part sur un forum d'infos il y a quelques temps. Pour Hollande, le temps de se préparer, je sais même pas. Je dois être défaitiste, mais il fut une époque ou je trouvais qu'il aurait fait un bon 1er ministre, et maintenant, même plus.
Et j'ajoute que Ségo, pour moi c'est no way aussi. Elle prend la mouche pour un rien (comme moi lol). Elle ressemble à une de mes anciennes boss, et ce n'est en rien un compliment, encore moins un atout... :-/
Le pire c'est que là je dois être blasée ou résignée, mais je ne vois même pas comment on pourrait sortir à la dernière minute une sorte d'Obama de notre chapeau parmi la jeune génération ou pas d'ailleurs.
Et pour enchainer sur les propositions de Philippe, merci d'éviter de nous envoyer Schwarzy hein. lol Déjà qu'il s'y voit déjà, Président de l'Europe. Les Guignols pourraient remplacer Stallone remarque. :)
Et pis avec Gouvernator, on a déjà réglé le problème du cocufiage et de l'enfant dans le dos. Nous on s'en tape, mais au pays de l'oncle Sam, ça aurait fait des vagues. D'ailleurs il a bien attendu de plus être élu pour balancer sa bombinette.
Pour le reste de ton intervention, en effet, les USA reparlent d'une forme de protectionnisme et l'appliquent aussi. On en discutait justement avec des copains, en parlant des concours qu'on prépare.
Sauf que comme tu le dis aussi, ca suppose une harmonisation des revenus en Europe. Et quand on sait qu'il y a encore quelques années, les députés européens eux-même n'avaient pas homogénéisé leurs traitements... Pis tirer les salaires vers le haut. Non mais t'as pas honte. Tu veux leur faire faire une crise d'apoplexie aux politiques et aux patrons. :)
Dans la foulé de remanier notre droit public, saborder le Sénat me parait aussi une idée à défendre, parce que sous cette forme, c'est un gouffre financier et rien d'autre. Si une planque pour retraite dorée aussi. Même si la réforme récente aidant, le renouvellement, à long terme, pourra peut-être se faire de façon plus juste qu'actuellement. Encore que !
Bon, rapplique ici et pas de connerie avant. Ils semblent être doués pour débarquer les potentiels méchants des avions.
PS : Christelle => Pour l'ordi, je compatis. Suis une habituée.
Écrit par : L. | 24/05/2011
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