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03/05/2011

[Partie I/III] Suivi Pôle-Emploi

Il y a quelques jours, j'ai été convoquée par Pôle-Emploi pour mon suivi personnalisé et supposé mensuel. Ce qui fera l'objet d'une future note que j'avais déjà préparée pour publication différée mais que j'ai révisée car des éléments se recoupent avec ce qui va suivre.

Parce que parallèlement, à mon RV, le Ministre du Travail, Xavier Bertrand donc (précision vu qu'on s'y perd au jeu des chaises musicales) nous fait part dans une interview accordée au Figaro,  de son projet ambitieux lol : ramener le taux de chômage sous la barre des 9 % à la fin 2011 (en métropole).

Pour ça, en premier lieu, il compte sur des chiffres, des signes économiques, qui iraient dans ce sens. Il justifie aussi son ambition par les 500 millions d'euro destinés aux politiques de l'emploi. Millions essentiellement consacrés à générer de l'emploi précaire via le CAE, donc de fournir de la main d'œuvre très bon marché (parfois très diplômée, expérimentée) aux services de l'Etat, aux CT et à quelques structures associatives.

Donc, déjà avec ces mesures, on y est sous les 9 %. Pas de quoi jubiler ni faire croire à l'exploit de l'année. Le chômage baissera juste ce qu'il faut, juste le temps qu'il faut et juste au moment opportun.

Mais le Gouvernement ne semble néanmoins pas très rassuré (bah vi, les crises ça débarque comme un bouton de fièvre), c'est peut-être la raison pour laquelle il a aussi envoyé quelques Ministres au Vatican pour la béatification du Pape. Qui sait, des fois qu'il se produirait un miracle posthume.

Et surtout, il force aussi un peu la chance en annonçant qu'il va fixer une nouvelle feuille de route à Pôle-Emploi. Nouvelle feuille de route, donc nouvelle direction. Exit C. Charpy qui va peut-être goûter aux joies de Pôle-Emploi version demandeur ?!!!


Nouvelle feuille de route qui tombe pile-poil au moment de la renégociation prochaine de la convention Etat/Unédic/Pôle-Emploi.

Il suffira de revoir quelques critères, quelques quotas, de réviser 2 ou 3 barèmes, et hop, on raye des fichiers des demandeurs par centaine.

D'ailleurs il persiste à demander aux agents de passer les listes au nettoyeur haute préssion pour évacuer tout demandeur qui n'accepterait pas une offre dite "raisonnable", targuant du fait que des milliers d'offres restent sans candidats. Sauf que dans son scénario fiction, il voit des offres pour des serveurs/plongeurs débutants payés 1 500, voire 2 100 euros nets/mois... (plus que le salaire d'un cadre A de la territoriale !) et s'empresse de faire une généralité de ce qui est déjà énormité. En plus quand on sait que les mesures fiscales à destination des métiers de la restauration-hôtellerie n'ont pas vraiment profité aux salariés... on croit rêver.

Mais vu qu'ils viennent aussi de confirmer que le non remplacement d'un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique, s'étend également aux services assimilés tels que CPAM et... Pôle-Emploi, il fait d'une pierre deux coup. Moins de chômeurs donc pas de logique à recruter.

D'ailleurs dans l'interview réalisée pour le Figaro, il ne répond pas à la question du recrutement et de la surcharge des conseillers en nombre de dossiers, se contentant de broder autour : "Les agents de Pôle emploi que j'ai rencontrés me disent que le suivi régulier pourrait se faire par téléphone ou Internet (...)".

Mais il reconnaît tout à coup des évidences qu'on (les syndicats, les inscrits, l'opposition), martèle depuis des lustres  comme par exemple qu'un suivi mensuel en présentiel n'est pas forcément indispensable pour tout demandeur d'emploi. Qu'il vaut mieux un suivi moins fréquent mais plus concret et plus pertinent qu'un ersatz de suivi.

Et aussi que les cases dans lesquelles Pôle-Emploi essaie tant bien que mal et plutôt mal que bien de faire entrer ses inscrits sont assez réductrices et souvent en inadéquation totale avec la finalité de la démarche qui est de trouver le bon candidat pour le bon poste ou la bonne formation, non pas par rapport à ses diplômes, mais aussi et surtout par rapport à ses attentes et son profil.

Par contre pas un mot sur certains employeurs qui s'obstinent à ne pas recruter au dessus du SMIC mais qui veulent des gens expérimentés et dipômés, ni pour les employeurs qui n'assurent aucun suivi des candidatures, pas même un accusé de réception automatique...

Pas un mot non plus sur certaines formations scolaires totalement à côté de la plaque par rapport aux besoins du marché.

Les méchants restent encore et toujours les demandeurs.

Bref, nous avons là un Ministre totalement déconnecté des réalités du quotidien des demandeurs d'emploi, ce qui est déjà affligeant, mais aussi du marché de l'emploi, ce qui est grave eu égard à sa fonction.

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