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08/04/2011

Encore des paroles qui fâchent

Bon, ben ayé, la boucle est bouclée. Je termine la semaine (presque), d'aussi bonne humeur que je l'ai commencé, et de la même manière, par les paroles d'un élu, celui au sommet tant qu'à faire.

Alors le voilà de retour en Auvergne (il y prend goût d'ailleurs, et j'habite pas loin, alors faudrait voir à ce qu'il vienne pas y installer une résidence secondaire-tertiaire-quaternaire ou que sais-je dans le coin), pour exprimer la bonne parole. La sienne évidemment.

Alors ça faisait longtemps qu'il n'avait pas jeté l'opprobre sur les demandeurs d'emploi. Il commence donc en se justifiant du fait de la sortie de crise. Ah bon ai-je envie de dire. On serait sortis de la crise. Bon en effet, plus de Ministre de la relance, c'était un indice, m'enfin, tout ne me semble pas aussi limpide qu'ils veulent nous le faire croire. Le Portugal aussi est sorti de la crise alors si on suit le raisonnement.

Donc selon ses propos (lire ici) :

"Puisque nous commençons à sortir de la crise, il va falloir faire des contrôles, je suis désolé de le dire mais je le pense, plus précis et plus exigeants pour les chômeurs qui bénéficient d'allocations et qui refuseraient des offres d'emploi disponibles" (...)

Et "Maintenant qu'on sort de la crise, c'est un problème de justice, de justice sociale envers les salariés et les ouvriers qui travaillent dur que de s'assurer que celui qui est au chômage et qui a des allocations grâce à la solidarité nationale fera tous ses efforts pour accepter une offre d'emploi, pour accepter une formation pour s'en sortir", a-t-il insisté. "Ne pas contrôler, ne pas exiger des résultats de ce point de vue, me semble-t-il, est injuste".

Alors déjà, si on perçoit le chômage, c'est qu'on a cotisé, donc bossé. Donc, pour reprendre ses propos, oui faut arrêter de taper, mais sur le chômeur. Et arrêter de stigmatiser des groupes d'individus pour leur religion ou pour ça. Monter les français les uns contre les autres c'est vraiment un domaine d'excellence chez ce môssieur.


Et j'ajoute que pour renforcer les contrôles, faudra recruter. Ouille, j'ai prononcé un mot qui fâche. Suggéré une idée totalement taboue. Ca fait mal aux oreilles et file la chair de poule comme le frottement des ongles sur un tableau noir. Ben tant pis. Parce que ça va être le seul moyen efficace (ou pas d'ailleurs), et ça ne semble pas dans son programme.

Pour mémoire, avant crise, je rappelle (pour les nouveaux lecteurs), que un rapport parlementaire préconisait le recrutement de plus de 18 000 conseillers Pôle-Emploi (22 000 étant un chiffre plus idéal). Ce rapport émanait du Sénateur Serge DASSAULT, donc bon, pas un socialiste poussé par la Céget non plus.

Et il y a eu dans les 4 000 recrutements (vision large). Evidemment pas tous pérennes. Donc pas mal de turn-over.

A côté de ça, on parle de suivi mensuel personnalisé des demandeurs d'emploi. La bonne blague. Là aussi je le redis, le suivi, c'est pas forcément un RV chez Pôle. Ce peut être by mail, ou par échange de courrier, un imprimé qui reprend plus ou moins les questions posées lors des RV.

Je rappelle aussi mon cas. Je suis au chômage. J'ai été licenciée en août 2007. Depuis j'ai bossé 4 mois et des brouettes. Oui je sais, ça fait peur. Même trembler de l'écrire.

Je ne perçois plus d'ARE mais l'ASS. En 3 ans 1/2, j'ai épuisé eu plus d'une douzaine de conseillers. La moitié d'entre eux je ne les ai jamais vu (rendez-vous annulé par eux au dernier moment ou suivi des démarches par courrier). Pour l'autre moitié, le maximum de suivi fut 3 fois pour un conseiller. Et 1 ou 2 fois pour les autres.

Là, je n'ai eu aucun RV depuis au moins 6 mois. Et je ne m'en plains pas, loin de là. Ils ne vont pas les inventer les offres de toute façon. Ni payer mes demandes de formation de leur poche (surtout que eux-mêmes en terme de formation sont sans doute bien la preuve  que les cordonniers sont les plus mal chaussés). D'ailleurs, je viens de voir sur mon profil que j'en ai un dans une quinzaine de jours de RV en fait.

Et si, toujours selon ses mots, il y a 50 % de chances (!) d'être au chômage, après une formation théorique (vont être ravis les diplômés de juin) à la différence de l'apprentissage ou il avance 100 % de chance de trouver un job, alors pourquoi on ne dépoussière pas ces foutues formations inutiles. Voie de garage. [M. Sardou, le Bac G] : "Vous passiez un bac G, un bac à bon marché, dans un lycée poubelle, ouverture habituelle des horizons bouchés, votre question était, faut-il désespérer (...)". NDLR : réponse => OUI

Parce que le BTS assistante de direction pour causer d'un truc que je connais, existe encore, revisité certes, mais existant, alors même qu'il est l'exemple parfait de la chanson. Certains lycées préparent à des CAP/BEP industriels sur des machines tellement archaïques que les parents des mômes bossaient déjà dessus à l'époque de leurs études !

Alors toujours partant pour me contrôler ?! La porte de chez ma maman est ouverte, vu que c'est là que je vis. On en profitera pour causer du cas des reçus-collés de la fonction publique dès que vous aborderez une éventuelle possibilité de reconversion.

Et on pourra aussi parler des demandes de formation qui n'aboutissent pas pendant que l'UNEDIC vante sa gestion avec seulement 50 % des budgets formations dépensés.

08:23 Publié dans Aboiements | Lien permanent | |  Facebook

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