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18/02/2011

[CPAM II] Premières impressions sans surprises & fin

J'avais donc été affectée dans un service qui a énormément de retard dans le traitement des dossiers. Ca se compte en mois. M'enfin, logique, c'est aussi pour ça qu'ils en appellent à des équipes de renfort. Sauf que là, nous n'étions pas dans la configuration d'un accroissement temporaire d'activité, mais d'une suite logique du non-remplacement de personnels. Une logique politico-économique donc.

Dans une institution qui donne pour consignes à tous ses services de planquer les piles, que dis-je les m3 de dossiers en retard dans des placards. Ne sortir au fur et à mesure que le strict minimum à traiter. La misère fut-elle administrative, faut la cacher.

Dans une institution peuplée de bureaux non occupés, signes des départs non remplacés.

Dans un service qui réclame du personnel depuis des mois, contre une direction qui savait depuis déjà près de 10 jours qu'un agent allait arriver, mais qui n'avait toujours pas, au soir de mon 1er jour, le lundi, fait équiper "mon" bureau (pas nettoyé) en ordinateur...

Mais surtout un service dans lequel je suis supposée être "formée sur le tas", coatchée par un autre agent.. lequel n'est là que 2 jours par semaine (et encore ça c'est sur le papier). Parce que en plus entre heures supp et congés non pris, elle va s'absenter environ 2 mois ½ sur les 3 à venir. Et pire si on se projette sur 6 mois. Sur les 3 semaines de mon contrat, elle aurait été présente 4 ou 5 jours...

Recrutée comme agent d'exécution donc. Ce qui n'est pas un problème en soi, mais qui en devient un quand l'exécutant n'a pour ainsi dire pas d'exécutif pour donner consignes et explications. Ou un exécutif bancal.

Tiens ça me rappelle vaguement quelque chose... un exécutif bancal, des institutions aux exécutifs dépassés, et au stress communicatif et contagieux...! Magistrats, enseignement, policiers...

Pour donner un exemple de comparaison, essayez donc de réaliser une recette de cuisine, sans que l'on vous en donne l'intitulé, le descriptif, avec plus d'ingrédients que nécessaire, et en plus grand quantité que celle requise ou moindre, et sans aucune directive...


Bref, tout ça pour dire que dès mon 1er jour, j'ai compris que ça n'irait pas loin. La maturité de l'expérience, le recul sans doute. Le 2ème jour j'ai enfin rencontré la personne affectée comme étant mon "chaperon/tuteur/coatch", quelques heures donc.

Et là j'ai pu mesurer à quel point mes premières impressions étaient même en dessous de la réalité.

J'ai demandé et obtenu d'être reçue par un responsable de la DRH a qui j'ai expliqué le fond du problème. Ma décision a jeté une sorte de froid. C'est peu fréquent apparemment qu'un chômeur les plante de la sorte, surtout dans ce contexte économique et avec zéro perspective derrière. Ils ont tenté de me proposer des solutions, des ajustements, pour que je reste. Mais sur le fond, non seulement ces ajustements n'auraient rien changé au contexte mais en plus, il était un peu tard pour la jouer genre "on découvre la situation".

Décision qui m'honore aux yeux de la plupart de "collègues" qui parlent de conscience professionnelle, et décision trop irréfléchie, immature ou manque de motivation pour d'autres (en même temps la période d'essai était de 4 jours, donc bon pour les délais, c'était chaud...).

Et bien sûr je suis aussi consciente que "ailleurs y'a pire", d'ailleurs le pire je l'ai aussi vécu, un peu pour ça que je voulais éviter de réitérer.

Une chose est sûre, j'ai "bossé" (fait acte de présence, fait de la figuration, occupé un fauteuil, rayez la mention inutile), pendant 3 jours, et suis devenue célèbre pour être celle qui a "osé".

Cette institution se satisfaisait de mon profil, qui apportait en effet de la richesse en terme d'expérience, un regard extérieur sur le travail dans sa globalité. Mais pour autant, doit-on accepter de cautionner certaines méthodes pour un simple contrat de 3 semaines.

Non pas que ce soit plus légitime pour un CDI, mais au moins dans ce cas là, on peut se projeter. On prend une décision en fonction de paramètres totalement différents, se disant aussi qu'on peut toujours essayer de se battre "de l'intérieur". J'ai dit essayer hein. Il n'y a certes qu'une fragile frontière avec l'utopie, mais qui vaut le coup d'être franchie au moins une fois.

Pour info, au moment ou je quittais les lieux, quelques "chefs" commençaient à réagencer le bureau, pousser des meubles, en apporter de nouveaux histoire peut-être de rendre l'environnement un peu plus attractif.

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