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20/08/2010

Mon futur sous ASS

Il y a 3 ans cette semaine que j'ai été licenciée de mon dernier emploi. Licenciée vers le 15 août, j'ai commencé à être indemnisée courant septembre, du fait des délais de carences et autres congés.

J'avais occupé cet emploi plusieurs années. Il s'agissait d'un CDI, mais particulier, dans le sens ou je bossais pour une personne et non pas pour une entreprise. Mon contrat, à durée indéterminée, était donc en fait lié directement à la durée pendant laquelle mon employeur occuperait son poste.

Il l'occupe toujours, moi plus. Pourquoi ? Ben tout simplement parce que lorsque l'on est "l'assistant particulier" d'un employeur, cela requiert entente, cohésion, mêmes chemins à suivre, mêmes façons de voir les choses... Bien sûr que l'on peut aussi avoir des avis, opinions différents, et les exprimer, mais de façon générale, la convergence est de mise.

Et il se trouve que au bout de quelques mois, années, nous n'étions plus sur la même longueur d'ondes. D'ailleurs l'avait-on jamais été. On début je pensais que c'était moi qui avait du mal à m'adapter, mais à force de discussions avec d'autres partenaires, contacts professionnels, j'ai fini par comprendre que le problème ne venait pas de moi.

Mon ancien employeur a pris la grosse tête comme on dit.


Mais il était trop tard, le harcèlement moral - notion qui nécessite d'être appréciée par la justice, mais bon, je n'ai pas d'autres termes - avait commencé à prendre le dessus. Et mon moral, le dessous. Je m'auto-détruisais à petit feu.

Bref, licenciement.

Depuis, il est navrant, terrifiant, angoissant (quoi d'autre ?!), de constater que je n'ai bossé que moins de 6 mois. Auprès de 2 autres employeurs (dans le même domaine, en plus, pas fait exprès).

A présent j'ai épuisé tous mes droits, lesquels avaient été prolongés du fait de mes autres emplois, à l'Allocation de Retour à l'Emploi (ARE, pour infos lire ici, ou encore ).

A compter du 23 août, je repasse sous Allocation de Solidarité Spécifique (ASS, pour infos, lire ici, ou encore ), soit environ 15 euro par jour (454,20 € les mois de 30 jours). C'est en quelque sorte l'équivalent du RSA. Mais attribuée à ceux qui peuvent justifier d'un certain nombre d'années comme salarié.

Donc, concrètement, aux yeux de l'administration (fiscale, prestations familiales et sociales etc...), je suis considérée comme "hébergée à titre gratuit".

Mais dans la réalité, je participe aux dépenses du foyer qui m'héberge, à hauteur de environ 150 à 200 €/mois.

A ceci s'ajoutent mes propres dépenses auxquelles je subviens, soit environ, par mois (montants arrondis) :

- 150 € => Alimentaire / hygiène / soins

-  55 € => Mutuelle  (ayant eu des hospitalisations, j'avais du choisir une mutuelle assez conséquente)

-  30 € => Internet

-  35 € => Téléphone

-  65 € => Essence  (en moyenne, mais bon, ça chiffre vite)

Et, divers => Ben inutile d'en parler, vu que là, j'ai déjà dépassé mon futur revenu...

A noter que je paie l'assurance auto annuellement.

Compte tenu de mes revenus au fil de mes emplois, et de l'incertitude qui planait à chaque fois sur l'avenir, j'avais donc fait des choix. Celui de sacrifier loisirs et vacances, au profit d'une épargne assez rigoureuse.

J'avais ainsi pour habitude et ce depuis mon tout 1er salaire, de mettre de côté 10 % chaque mois pour les coups durs ou petits plaisirs (les 1ers furent nombreux, les autres moins).

Je mettais aussi de côté 100 € par mois en moyenne, pour ma future retraite (je fus visionnaire lol).

Et je plaçais aussi un peu d'argent dans l'idée d'avoir mon chez moi (là par contre j'ai vite vu les limites de mes talents de visionnaire lol)

Aujourd'hui, je vais donc non seulement cesser d'alimenter ces comptes là, mais en plus commencer à piocher dedans. C'est ça, ou j'arrête de vivre. Dès qu'une embellie se fera sentir, il faudra que je rattrappe les retards.

Et par un curieux phénomène inexplicable et inexpliqué ;), quand on pioche, ça part plus vite que quand on dépose.

Je ne suis pas parmi les situations les plus désespérées, c'est un fait, mais je tenais quand même à exprimer ici mon "futur" quotidien, qui reflète (et réflètera à terme) la situation de bon nombre de demandeurs d'emploi en fin de droits.


PS : cette note avait été sauvegardée sur la plateforme avant plantage de mon "outil de travail".

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