06/11/2009
Les limites de la formation (suite)
En marge de mes incompréhensions quant à la législation sur les modalités d'accès aux formations, je me demandais si mon nouveau statut de ASSiste (entendez par là, allocataire de l'ASS) me permettrait de prétendre cette fois à reprendre mes études en parallèle. Je me doutais bien que non, mais me disais que peut-être la législation montrerait une faille dans laquelle il est possible de s'engouffrer (après une longue enquête et autant de réponses positives que négatives).
Mes 1res recherches ne donnaient rien de positif justement. Je vais poursuivre, et bien sûr en parler à mon prochain-futur-conseiller lors de mon prochain RV au Pôle-Emploi.
Cependant, ce jeudi 5 novembre, à l'écoute et à la lecture des infos, un sujet m'interpelle : la précarité et les femmes. Nous serions les plus touchées. Rien d'étonnant là dedans, on est déjà les plus mal payées, donc bon...
Vient un sujet au JT de Fr3 ou s'exprime une jeune femme, mère de famille qui bossait, je pense dans la grande distribution, comme hôtesse de caisse. Travail peu épanouissant, mal payé, précaire, avec des horaires l'obligeant à prendre une nounou après 20 h, donc tarif de nuit etc...
Cette personne décide donc de reprendre ses études, passe et obtient le bac, puis passe et réussit le concours d'entrée à l'école d'infirmière. Motivée par la probable meilleure vie qu'elle pourra avoir, et donner à sa fille.
Elle quitte son emploi, et après quelques mois, se retrouve au RSA. Et dans la même situation que moi pour le coup. Etre au RSA suppose chercher du boulot, et pas être à l'école.
Donc là voilà avec 2 possibilités :
- arrêter l'école d'infirmière et garder son RSA pour garder un toit sur sa tête et un frigo plein (enfin presque)
- rester à l'école pour encore plus de 2 ans, sans RSA et donc sans toit
D'où ma question : sommes-nous condamnés à une double peine, à savoir chercher un emploi et ne pas en trouver, et en plus interdits de reprendre des études pour tenter de s'en sortir ?
Est-ce de cette façon que l'on va pouvoir améliorer le quotidien de ceux qui essaient de s'en sortir ?
Il est évident que dans mon cas, une reprise d'étude n'est pas un gage de réussite future dans la recherche d'emploi. Juste un plus sur le CV, et la chance de se cultiver. Mais que ça augmente quand même mes chances d'accéder à l'emploi.
Mais surtout une possibilité de faire quelque chose de son quotidien. Une reprise d'étude n'empêche en rien de chercher un emploi, de se rendre à des entretiens. Les cours c'est 20 h/sem avec de nombreux créneaux de libres + le travail à la maison. Pas pire comme emploi du temps que celui qui bosse 40h/semaine et se tape en plus 2 fois 2 h de transport au quotiden. Et dans mon cas, je peux aussi suivre les cours par correspondance tout en restant auditeur libre.
Dans le cas de la personne dont je parle, à moins d'un foirage complet en dernière année, y'a non seulement un diplôme au bout, mais en plus du boulot. Et au pire des possibilités de reconversion.
On vit clairement dans un système qui ne peut que inciter à rester chez soi.
D'ailleurs, étant lauréate de concours de la FP, je suis payée à rester chez moi alors que l'état et les CT auraient pu me payer à bosser pour elles. Vous contribuables (je le suis aussi, je paie des impôts, mais, nouvelle Direction des Finances, ne vous réjouissez pas, plus pour longtemps vu ma situation) me payez à rester chez moi alors que je suis apte à travailler dans une CT et donc à vous simplifier votre quotidien.
Dans d'autres pays, on pousse aux études, chez nous on freine des 4 fers.
Et un chômeur ça coûte un max à la société vu le fric engloutit en prestations et aides aussi diverses qu'inutiles.
Au pire, ils feraient mieux de mutualiser chaque année toutes les sommes monopolisées pour l'aide à l'emploi et diviser par le nombre d'inscrits. On en ferait meilleur usage de cet argent public, le notre donc au final. Parce que manifestement on est de meilleurs gestionnaires.
Mais bon, faire comprendre ces incohérences là à des dirigeants qui se font en un mois ce qu'on va gagner en 1 ou 2 ans si on a de la chance, ça relève de l'utopie.
On doit juste se féliciter de la demande de publication des frais élyséens. C'est vrai, on dort beaucoup mieux maintenant.
10:59 Publié dans Recherche emploi & Formation | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : formation professionnelle, pôle-emploi, chomâge, assedic, recherche d'emploi, cv, lm














Commentaires
un air de déjà vu pour moi ! au RSA, j'ai repris mes études pour obtenir une licence, et j'ai passé mon année d'étude à me battre avec les administrations pour que mon rsa ne me soit pas supprimé, j'y suis arrivé, mais ce fût long et fastidieux, voire fatigant ... avec des examens (qui dit licence dit examens) au milieu ... bref, une année de bonheur ! (on la sent l'ironie ?) pour un résultat moyen, licence obtenue avec mention bien, et ... pas de boulot en vue dans un secteur qui parait-il manque de candidat ! ah oui, faudrait déménager, c'est vrai, aller à paris, c'est tellement facile de faire ce genre de démarche quand on est bénéficiaire des minimas sociaux (ou au chômage, fin de droits, temps partiel, cdd, interim, ...). tout cela sans compter les joies des factures impayées, les frais bancaires associés, l'amigrissement qui devrait être alarmant (...), et la fatigue, ça donne bonne mine pour les entretiens ! et, petite anecdote, moi le pôle-emploi ne me convoque même pas, car (avec raison) ils ne peuvent rien pour moi ;)
continuez votre blog, ça éclaire nos journées et on se sent moins seul !
Écrit par : Plop | 08/10/2010
Bonjour et merci de ton témoignage,
Et déjà, félicitation pour ta licence !
Les formations quand on est demandeur d'emploi restent le parcours du combattant. Celles par correspondance, qui sont pourtant les plus simples pour nous, sont rejetées. Et les autres nécessitent de telles batailles qu'on finit par renoncer. En plus les agents du Pôle (faute de temps) nous laissent faire toutes les recherches et ça part inutilement dans tous les sens.
Et il y a tellement d'aides de services institutionnels différents qu'au final on n'entre jamais dans la bonne catégorie (si déjà on savait un peu où chercher).
Par contre on nous incite à nous reconvertir dans des secteurs soi-disant porteur, mais qui ne le seront peut-être plus le temps que notre phase de reconversion soit achevée...
Quand à la mobilité, pour certains secteurs d'activité (comme l'aéronautique, dans l'ouest, la chimie dans le Rhône), je veux bien. Mais le plus souvent, ce n'est pas un argument. Suis assistante de direction moi, alors Paris ou la Lozère, pour taper des courriers et répondre au tél...
Maintenant, il y a aussi des aides à la mobilité, mais là aussi, on se voit toujours opposer qu'on ne remplit pas tous les critères.
Bonne continuation, et bon courage pour tes recherches.
Écrit par : L. | 09/10/2010
Merci :)
j'avais essayé par correspondance, trop cher ... et pôle-emploi m'a certifié (via la personne spécialisée dans les formations), qu'ils ne m'accepteraient pas en licence (alors que je détenais déjà un BTS dans le même domaine) ... mon dossier a pourtant été accepté sans problème, comme quoi, il faut se faire confiance et ne pas croire les avis que peut émettre le pôle-emploi ! Par contre, le secteur d'activité, c'est mon choix (enfin, c'est plutôt lui qui m'a choisi ! ;) et même si les personnes qui m'ont vu travailler et qui me connaissent ne doutent absolument pas de mes compétences ni de mes capacités, ce n'est pas facile de le démontrer à une entreprise...).
Il est clair que ton domaine d'activité est présent sur tout le territoire (je vois passer des offres de ce type), de plus tu as de l'expérience, des compétences confirmées, tu devrais trouver (normalement, mais où est la normalité ... ?).
je te souhaite bonne chance !
Écrit par : Plop | 09/10/2010
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