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03/11/2009

Mon quotidien

Quand on perd son boulot, on sait que moins on en retrouve rapidement, et plus difficile ça deviendra d'en retrouver un. Ce que les gens oublient parfois un peu vite, c'est que le quotidien lui aussi devient difficile. Pas seulement financièrement.

Quand on est privé d'emploi, on perd aussi ses repères. Le quotidien devient vite pesant. Chercher un emploi occupe bien les journées, les 1er mois en tous cas. Les recherches sur le net pour s'informer sur les entreprises, les administrations, les besoins ou encore rédiger CV et lettres de motivation, suivre les candidatures et relancer deviennent notre quotidien. Il faut s'assurer la même "routine", le même rythme que si on bossait, sinon le risque est grand de glandouiller sous la couette tout au long de la journée.

Ensuite, après plusieurs mois de recherches infructueuses, de "notre choix s'est porté sur un profil correspondant mieux à nos attentes", les recherches ne sont plus des recherches mais plutôt des relances. Les candidatures spontanées relèvent plus du mailing que de la candidature ciblée.


Difficile dans un tel contexte d'arriver à faire passer une quelconque motivation. Comment motiver une candidature pour un poste dans le bâtiment quand 1 h avant on postulait dans le social ou la grande distribution.

Nous sommes en période de crise économique. Les offres se font de plus en plus rares. Pour idée, un chiffre : en 2 ou 3 ans, le compteur des offres sur le site du Pôle-Emploi est passé de près de 400 000 à une moyenne de 140 000, pendant que le chiffre des inscriptions est lui en nette augmentation.

Et la vie d'un demandeur d'emploi, sans généraliser à tous bien sûr, c'est aussi les "amis" qui tellement gênés de notre situation nous évitent, ou baissent la tête, les invitations et coup de fil qui se font de plus en plus rares, les contacts wlm qui passent sous statut "occupé" dès qu'on se connecte. Et c'est aussi ceux qui veulent rendre service en nous demandant si on a pensé à postuler à tel ou tel endroit (ou eux-mêmes ne postuleraient jamais d'ailleurs) alors qu'on passe nos journées à à parcourir la presse, à rafraîchir les pages des sites spécialisés des fois qu'une offre serait apparue depuis notre dernière connexion à tel point qu'on pourrait les citer toutes par coeur.

Et c'est aussi pesant pour la famille, parents, frères, sœurs, qui se sentent impuissants. Sans parler pour ceux qui en ont un, de conjoint.

J'ai fait le choix de rester seule (célibataire) dans cette période, ne souhaitant pas "imposer" à un conjoint ou compagnon éventuel le quotidien de cette vie là. Je m'en veux déjà bien assez de faire supporter ma situation à ma famille. Supporter de façon "morale" déjà, et sans doute bientôt aussi sur le plan financier.

Chercher du boulot c'est un quotidien fait de baisses de moral, de remise en question, de période d'abattement. La vie ne doit pas s'arrêter, et pourtant, c'est juste de la survie.

Et c'est aussi de la culpabilité au quotidien.

 

 

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